«Kingsglaive »: Enfin un bon film «Final Fantasy»?

JEU VIDEO «Kingsglaive» est à la fois la troisième tentative d'adapter l'univers «Final Fantasy» sur grand écran, ainsi qu'une introduction au futur jeu «Final Fantasy XV»...

V. J.

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«Kingsglaive», troisième film «Final Fantasy» et introduction à «Final Fantasy XV»
«Kingsglaive», troisième film «Final Fantasy» et introduction à «Final Fantasy XV» — Square Enix

En près de 30 ans d’existence,la saga vidéoludique Final Fantasy a toujours eu une relation complexe, de « je t’aime moi non plus », avec le cinéma. Les cinématiques sont omniprésentes dans les jeux, mais le grand écran n’a jamais donné de vraie place au jeu. Disponible en DVD et Blu-ray ce vendredi, Kingsglaive est une nouvelle tentative, la troisième, d’adapter le jeu, ainsi qu’une introduction à l’univers de Final Fantasy en général, et à celui du futur Final Fantasy XV en particulier.

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Les créatures du mauvais esprit

Aujourd’hui référence absolue du jeu de rôle japonais (ou JRPG), Final Fantasy n’entre dans la légende qu’en 1997 avec son septième opus, le premier de la franchise à sortir en Europe (sur PlayStation) et le premier trauma émotionnel lié à un jeu pour beaucoup (avec la mort d’Aerith). Reste à convaincre les non-gamers, le grand public. L’éditeur japonais Square lance alors la production d’un film en images de synthèses à gros budget, main dans la main avec les Américains. Et Lara Fabian pour la chanson de fin (si si) !

Final Fantasy : Les Créatures de l’esprit sort en 2001, et accuse près de 100 millions de pertes au box-offce. Présenté comme une introduction à l’univers FF et un tour de force technique, le film ne satisfait personne. Les fans sont déroutés par ce monde plus SF et sombre que leur jeu préféré, tandis que le travail de photoréalisme sur les personnages ne suffit pas à compenser une histoire simpliste, et très « américaine ». Conséquence, Square perd beaucoup d’argent, et s’associe à son concurrent Enix, pour devenir Square Enix.

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Fan film

Comme une réponse à l’échec des Créatures de l’esprit, la deuxième adaptation cinéma de Final Fantasy est un pur film de fans. A l’origine, il s’agit même d’un délire de programmeurs, une démo technique réalisée en l’honneur de Final Fantasy VII. Mais Advent Children devient bientôt un projet officiel, un film à part entière, suite directe du jeu culte, d’1h40 lors de sortie DVD en 2006 et de plus de deux heures pour le Blu-ray en 2009. Pour les fans, l’oeuvre est un cadeau du ciel. Pour les autres, elle contient parmi les scènes d’action les plus folles vues sur un écran, petit ou grand.

Le meilleur des deux mondes

« Pour Kingsglaive, c’est une approche différente d’Advent Children, annonce Takeshi Nozue, réalisateur du premier et co-réalisateur du deuxième. Il s’agit d’un point d’entrée à l’univers de Final Fantasy XV, tout est connecté : le film, le jeu, la série animée Brotherhood. » Soit la guerre entre les royaumes Lucis et Niflheim, le roi Régis et son mystérieux cristal qui protège la capitale Insomnia, le mariage de Lunafreya et Noctis, la brigade d’élite Kingsglaive… Oui, c’est compliqué, voire même confus. Surtout que le film met en place ces intrigues et enjeux, mais ne les résout pas, il faudra pour ça jouer au jeu disponible à partir du 29 novembre.

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Kingsglaive semble vouloir réunir le meilleur des deux mondes, du cinéma et du jeu, des néophytes et des fans, des Créatures de l’esprit et d’Advent Children. Il essaie ainsi d’être à la fois une super cinématique d’introduction à FFXV, une tentative de repousser les limites du photoréalisme, un mélange des genres (fantasy, SF, magie, robots, monstres, Audi !), un blockbuster d’envergure internationale (Aaron Paul de Breaking Bad et Sean Bean et Lena Headey de Game of Thrones aux voix) et un spectacle visuel de tous les instants. Cela fait beaucoup, trop même. Le spectateur en sort bluffé mais frustré. On joue quand ?