Oscars 2017: «Elle» représentera la France

CINEMA La Commission du CNC a choisi de lancer le film de Paul Verhoeven dans la course à l'Oscar du meilleur film non-anglophone...

Fabien Randanne

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Isabelle Huppert (et un chat) dans «Elle».
Isabelle Huppert (et un chat) dans «Elle». — SBS Distribution

Elle est en route pour les Oscars ! Le film de Paul Verhoeven a été préféré à Frantz, Les Innocentes et Cézanne et moi pour représenter la France dans la course à la statuette du meilleur film non anglophone (souvent improprement appelé Oscar du meilleur film étranger), a révélé ce lundi le Centre du cinéma et de l’image animée (CNC).

La décision a été prise par une commission du composée de personnalités du 7e art, dont Thierry Frémaux, le directeur général du Festival de Cannes (Elle était en compétition officielle sur la Croisette), les actrices Sandrine Bonnaire et Léa Seydoux, les réalisateurs Jean-Paul Salomé et Eric Tolédano, la présidente de la commission d’avance sur recettes Teresa Cremisi et le président de l’Académie des Césars Alain Terzian.

Contre « Juste la fin du monde » et « Toni Erdmann », entre autres

Elle n’est pas pour autant assuré de fouler le tapis rouge de la cérémonie des Oscars le 26 février 2017. Pour ce faire, le film devra figurer parmi les cinq longs-métrages nommés pour le trophée du meilleur film non-anglophone.

L’Académie des Oscars définira en fin d’année la shortlist à partir de la centaine de films candidats. Entre le dernier Xavier Dolan, Juste la fin du monde, pour le Canada, le phénomène Toni Erdmann pour l’Allemagne, l’irrésistible Ma vie de Courgette pour la Suisse ou l’édifiant documentaire Fuocoammare, Ours d’or à Berlin, pour l’Italie, la concurrence sera des plus rudes…

Elle est loin d’être le choix le plus consensuel. Si certains spectateurs y ont vu une œuvre féministe, d’autres l’ont perçu comme un long métrage misogyne, trop complaisant dans sa manière d’aborder le thème du viol. Le ton sulfureux de cette œuvre pourrait répugner les votants de l’Académie des Oscars, d’autant plus que le réalisateur, Paul Verhoeven, qui n’a pas ménagé les Etats-Unis dans ses films dits « américains » (Starship Troopers, Showgirls…) n’est pas complètement en odeur de sainteté à Hollywood.

Si Elle remportait la statuette dorée, ce ne serait pas la première fois qu’un réalisateur étranger - Verhoeven est néerlandais - offrirait à l’Oscar du meilleur film non anglophone, à la France : en 1978, l’Israélien Moshé Mizrahi s’était imposé avec son adaptation de La Vie devant soi.