La fin du monde prend racine à « Tourville »

David Carzon - ©2007 20 minutes

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Ce premier roman est un ovni : 700 pages d'une logorrhée hypnotique mélangeant langage parlé, SMS, écriture frénétique... Comme si Louis-Ferdinand Céline s'était mis à la techno. Car on pense forcément à Céline en lisant Tourville (éd. Au Diable Vauvert), qui relate les tribulations de Jean-Louis, intermittent du spectacle de retour dans sa ville natale de Tourville pour retrouver un ami d'enfance. Le point de départ d'une descente aux enfers filmée par la caméra de Jean-Louis et retransmise en direct sur une chaîne câblée locale.

Il a fallu une année complète à Alex D. Jestaire pour écrire ce roman qui emprunte la même structure narrative saisonnière que le film Requiem for a Dream de Darren Aronofsky : « Il m'a fallu du temps pour mettre en place mes personnages et mes situations. Après, la voie était tracée : il suffisait que je raconte la fin du monde. » Travaillant la nuit à l'adaptation de mangas, Alex D. Jestaire a des faux airs de son héros, Jean-Louis, « un enfant de la télé » qui sert de réceptacle à tous les délires et dont on ne sait jamais trop si on est dans sa tête ou si tout ce qu'il vit est vrai. Pour Tourville, l'auteur s'est inspiré du « climat de certaines villes du Nord, avec en toile de fond la désespérance sociale, une jeunesse un peu livrée à elle-même qui se fabrique ses références à travers la télé, Internet, les DVD, les jeux vidéo... » Au coeur de ce roman, il y a aussi la techno, « cette culture populaire et vivante dont on ne parle qu'une fois par an pour le Teknival », regrette Alex D. Jestaire. D'ailleurs, l'écriture elle-même rappelle le beat des raves, celui qui se base sur les rythmes du coeur et qui vous entraîne dans sa danse.