Youssou N'Dour travaille à rester un trait d'union

Alice Antheaume - ©2007 20 minutes

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Compositeur de la BO de Kirikou, acteur dans Amazing Grace, chanteur sénégalais militant contre l'immigration des Africains en Europe... Youssou N'Dour ne cesse de multiplier les casquettes et signe encore, à 48 ans, un album excitant : Rokku Mi Rokka (prendre et donner). Voix d'or, rythmes irrésistiblement dansants, et quelques pépites, dont Pullo Ardo, aux accents bluesy, ou Wake Up (It's Africa Calling), en duo avec Neneh Cherry. L'évocation du désert n'est pas loin. « Je m'inspire de la musique du nord du Sénégal, aux frontières du Mali et de la Mauritanie », là où commence le Sahara, raconte le chanteur qui, derrière ses lunettes aux larges montures noires, s'excuse d'avaler un morceau pendant l'interview.

Youssou N'Dour tient à son rôle d'ambassadeur. « J'essaie d'être un trait d'union entre l'Afrique et le reste du monde. L'extérieur voit la société africaine comme un nid de pauvreté et de sida. Cette face sombre existe mais il y a aussi l'Afrique de la joie, de la solidarité, de l'optimisme. » Ce soir, il joue à Paris, au Bataclan. Dès qu'il quitte la scène, l'homme file à Dakar, « même pour 24 heures ». Là-bas, il a acheté un journal et une radio qui « emploient aujourd'hui 120 personnes », s'enthousiasme-t-il. « Je travaille partout dans le monde et gagne un peu d'argent. C'est ma manière de créer des emplois et de participer à la lutte contre le chômage. »