Star des 90's, le pin’s fait son grand retour pour la rentrée

Tendance De la pub au podium, après 25 ans d'absence, l'insigne de notre enfance reprend du service...  

Camille Poher

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Le pin's sous toutes les coutures
Le pin's sous toutes les coutures — Séverine Monsonego

Alerte à tous les nostalgiques des années 1990 ! Le pin’s est de retour. D’abord outil publicitaire, l’insigne métallique s’est débarrassé de sa fonction utilitaire, pour devenir l’accessoire mode de la rentrée. Après avoir longtemps fait battre le cœur des collectionneurs, le pin’s fait aujourd’hui le beurre des jeunes créateurs.

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Sur un pull, un tote-bag ou une casquette, il s’accroche partout et se décline à l’infini… En bref, il est le dernier must have à portée de clip.

Un gimmick tombé dans l’oubli

Le pin’s revient de loin. Apparu à la fin des années 1980, il servait à l’origine d’instrument de communication aux grandes enseignes, aux associations et aux médias. Une visibilité à petit prix pour certains et un gadget ludique pour d’autre, le pin’s était l’outil publicitaire par excellence.

Pas franchement « branché » pour autant, c’est en 1992, avec les JO d’Albertville, que le pin’s va gagner ses lettres de noblesse. À l’époque, sûrement pour marquer le court, Roland-Garros va également décliner une collection de pin’s chic et sport qui va faire décoller sa réputation. La côte grimpe pour un gadget qui ne vaut pas grand-chose, de quoi ravir les collectionneurs en la matière : les philopins.


« Dans les années 1990, collectionner les pin’s ne coutait rien. C’était juste une grande chasse au trésor, une quête de la pièce rare planquée dans le fond de tous les tiroirs de France », confie Jean-Paul Adam, président de l’association Pin’s Collection.

Papa collectionneur, fiston créateur 

Pure nostalgie ou besoin de régression, depuis 2014, les années 1990 sonnent leur grand retour dans la culture populaire. Entre salopettes, bombers et colliers choker, les nineties sont clairement à la mode sur les podiums et le pin’s, lui aussi, profite de ce come-back.

Un grand retour qui n’a pas échappé à Jean-Paul Adam, le collectionneur aux huit mille pièces : « J’ai été régulièrement contacté par des jeunes créateurs qui cherchaient à trouver les coordonnées de fabricants de pin’s. »

Pin's
Pin's - Lolita Picco

 

Juliette, avec sa marque Coucou Suzette, est une des premières française à avoir décliné une collection d’épinglettes il y a deux ans. Pour cette créatrice d’accessoires kitsch, « le pin’s est devenu un bijou au même titre que la broche. Il est juste moins cher et moins fragile ».

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Contrairement à la broche en céramique, le pin’s est souvent fabriqué à partir de métal émaillé. Un matériau bien moins coûteux qui permet aux créateurs de produire en série. Cette réduction des coûts de production diminue ainsi le prix de vente avec une moyenne de 12€ par pin’s.

« Le pin’s donne le ton et l’humeur du jour »

Pour Séverine Monsonego, fondatrice de la marque Oelwein, en plus de son aspect « ludique et fun », le prix est un des grands intérêts du pin’s. Collectionner les pièces, accumuler les genres, c’est un moyen d’en changer tous les jours. « Plus on en a, plus on peut s’en servir pour clipper son humeur du jour sur sa tenue », ajoute la créatrice.


Le pin’s a en plus le bon ton d’être unisexe, comme aime à la souligner la fondatrice des Folles Marquises, Dorothée Vantorre. « Bien qu’il soit un bijou, il n’en a pas l’allure et il a du coup beaucoup de succès chez les hommes », explique la bijoutière.
Bon marché, branché et bisexué, voila qui explique le grand come back du pin’s pour cette génération de jeunes créateurs bercée par les années 1990.

Pour Jean-Paul Adam, ce retour c’est plutôt un « effet de mode ». Celui qui les collectionnait hier et continuera demain, considère que « le pin's a eu son heure de gloire et le train ne passe qu’une fois ! ». H & M, Asos ou encore Zara qui viennent tout juste d’ajouter le pin’s à leur catalogue automne-hiver, ne seront sûrement pas du même avis.