VIDEO. «Star Trek» a 50 ans et toujours un temps d'avance

CULTE «Star Trek» fête ses 50 ans, et rappelle qu'elle a tout compris depuis toujours: sur l'espace, la technologie, la tolérance...

V. J.

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L'astronaute Terry Virts effectue le salut vulcain en hommage à Leonard Nimoy, le célèbre Dr Spock.
L'astronaute Terry Virts effectue le salut vulcain en hommage à Leonard Nimoy, le célèbre Dr Spock. — Terry Virts/REX/SIPA

Avec six séries télé (bientôt sept), treize films, des centaines de romans, comics, jeux vidéo et plusieurs milliards de dollars de business, Star Trek a changé la face de la science-fiction, de la pop culture et un peu du monde. A l’instar de Star Wars ? « La Guerre des étoiles est une œuvre de science fantasy, Star Trek de science-fiction », précise Alain Carrazé, journaliste spécialiste des séries et grand fan de Star Trek devant l’univers. Une différence peut-être subtile à l’écrit, mais de taille dans le réel. Car si le monde n’a pas encore de sabre laser ou ne maîtrise pas la Force, il ne peut se passer de Communicator, de PADD… enfin de portable, de tablette. Si la saga Star Trek a aujourd’hui 50 ans, elle a toujours été en avance sur son temps.

Une série utopiste

Lorsque la première série Star Trek débarque en 1966, la télévision américaine est la chasse gardée des polars et des westerns. « La SF, elle, se cantonne aux lumières qui clignotent, aux gadgets futuristes, à destination d’un public ado. Comme Perdus dans l’espace », raconte Alain Carrazé. Or, avec son équipage multiracial (une femme noire lieutenant, un extraterrestre aux oreilles pointus puis un russe dès la saison 2) et son exploration de mondes au fin fond de la galaxie mais de problèmes bien de chez nous, Star Trek passe pour le summum du subversif. Surtout en prime time sur une grande chaîne.

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Une message pacifiste

Dans un épisode de la saison 3, Le Dilemme, l’équipage de l’Enterprise intercepte deux survivants d’une planète qui se font la guerre, sans se souvenir exactement pourquoi. « Un autre épisode voit deux civilisations s’affronter parce que leurs visages noir et blanc ne le sont pas du même côté », ajoute le journaliste séries. C’est peut-être parfois pas subtil, mais la saga s’est toujours donnée pour mission de répandre un message de paix, d’amitié, de tolérance. Alain Carrazé fait d’ailleurs remarquer que l’Enterprise est un vaisseau d’exploration et non de combat. La série suivante, Star Trek - La Nouvelle Génération, est encore plus pacifiste avec un Capitaine Picard plus sage et diplomate que Kirk, cliché du héros fringant et bagarreur.

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Une source d’inspiration

En ce jour anniversaire, les hommages se sont multipliés sur les réseaux sociaux. De la part des fans, des geeks… et des scientifiques. L’agence spatiale européenne y est ainsi allée de son petit tweet : « Merci Star Trek d’avoir été une source d’inspiration ! » De l’autre côté de l’Atlantique, l’astronaute américain de la Nasa, Terry Vits, se souvient de son excitation à découvrir le premier film en salle, ou encore comment la franchise a servi à étudier les qualités pour être un bon meneur à l’Académie de l’armée de l’air. « On peut en tirer de nombreuses leçons pratiques sur la faculté à prendre des décisions sans être top dur, ou comment bien tenir sa mission afin d’aider l’équipe », explique-t-il dans le magazine Air and Space.

Alain Carrazé rappelle quela toute première navette construite par la NASA et utilisée pour des tests en 1976 portait le nom de… Enterprise. Son inauguration s’était même faite avec toute l’équipe de la série.

Alors que le film Star Trek Sans Limites est toujours à l’affiche et qu’une nouvelle série, Discovery, sera bientôt mise en orbite, citons Brent Spiner, interprète humain du robot Data dans les années 80-90 : « Star Trek représente les droits de l’individu et parle du respect dû à tous. Nombre de politiques et citoyens pourraient s’en inspirer ».