VIDEO. Miss Japon: Pour la deuxième fois, une métisse est élue (et ça veut dire beaucoup)

JAPON La première Miss métisse, élue en 2015 dans cet archipel encore peu ouvert à la diversité, avait été agonie d'injures sur Twitter...

M.C. avec AFP
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Priyanka Yoshikawa, nouvelle miss Japon, le 5 septembre 2016.
Priyanka Yoshikawa, nouvelle miss Japon, le 5 septembre 2016. — TORU YAMANAKA / AFP

Elle mesure 1,76 m, pratique le kick-boxing et a un diplôme de dresseur d’éléphants. Mais ce n’est pas la particularité de la nouvelle Miss Japon la plus mentionnée dans les titres des médias nippons. Priyanka Yoshikawa est « haafu » (de l’anglais « half »), c’est-à-dire métisse, née d’un père indien et d’une mère japonaise. Un an après le sacre controversé d’une métisse noire, c’est une nouvelle petite victoire contre les préjugés raciaux dans un archipel encore peu ouvert à la diversité.

Elue Miss Japon en mars 2015, l’afro-asiatique Ariana Miyamoto avait été agonie d’injures sur les réseaux sociaux, certains s’indignant que la couronne Miss Univers Japon aille à une « haafu » plutôt qu’à une Japonaise « pure ».

« Avant Ariana, on voyait mal une métisse représenter le Japon », confie à l’Agence France-Presse Priyanka Yoshikawa. « C’est ce que je pensais aussi, et c’est pour ça que je n’avais jamais osé relever le défi jusqu’à aujourd’hui. Elle nous a donné du courage, à moi et aux autres jeunes filles métisses, en nous montrant la voie. Et moi aussi je veux montrer aux autres que c’est possible. »

昨日、9月5日に行われた、ミスワールド日本大会にて、2016年度日本代表に選んで頂いたことを、皆様にご報告致します。 新しく、また1つ、夢への扉が開きました。ここはゴールではなく、私にとってのスタート地点だと感じております。まだ夢を見ているような気持ちですが、気を引き締めて、12月にワシントンDCにて行われる世界大会に向け、全力で励み、結果を残してきたいと思います。また、スピーチはSNSにも上げている、チルドレンホームを実現させ、子ども支援活動、チャリティ活動を第一線で行っていきたいです。1つでも多くのことを、皆様とシェアできることを、楽しみにしております。今後とも皆様、吉川プリアンカを宜しくお願い致します。 My heart overflows with love and gratitude, especially for all those who have supported me this far. I look forward with great anticipation towards the various steps to follow as a part of this wondrous journey. I am thankful for this opportunity where I was able to show my inner strengths by my actions, and not just by my words and appearance. It is what a person does with their gifts that makes a difference in this world. Now I would want to use my gifts to make a difference in this world as given the opportunity of Miss World Japan 2016. Priyanka Yoshikawa 吉川プリアンカ #MissworldJapan2016 #Missworld #PriyankaYoshikawa #ミスワールドジャパン #ミスワールドジャパン2016 #吉川プリアンカ #奇跡とは自分を信じること #Dreamsdocometrue

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A l’école, « on me traitait comme si j’étais un microbe »

La jeune femme de 22 ans, née à Tokyo d’un père indien et d’une mère japonaise, espère contribuer à faire évoluer les mentalités dans un pays ethniquement homogène, longtemps isolé, où les enfants de mariages mixtes représentent 2 % des naissances annuelles. « Oui, je suis à moitié indienne et les gens me posent des questions sur ma "pureté". Je suis fière d’avoir une part indienne en moi, mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas japonaise », insiste Priyanka Yoshikawa qui, enfant, a pu être « troublée au sujet de son identité ».

 

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Elle se souvient des brimades subies à l’école à son retour au Japon à l’âge de 10 ans, après quelques années à l’étranger. « On me traitait comme si j’étais un microbe, on n’osait pas me toucher. Mais je suis reconnaissante car cela m’a vraiment rendue forte ».

« Quand je suis à l’étranger, personne ne m’interroge sur mes origines », souligne Priyanka, qui parle couramment anglais et japonais. « En tant que Miss Japon, j’espère pouvoir changer la perception des gens pour qu’il en soit de même ici. Le nombre de métis va aller en augmentant, donc il faut l’accepter ». La nouvelle Miss Japon rêve désormais de conquérir le titre Miss Monde, en décembre à Washington.