Que prépare Snapchat en rachetant l'appli Vurb pour plus de 100 millions de dollars?

RESEAUX SOCIAUX C’est la deuxième grande acquisition de l’année pour le réseau social, après le rachat de Bitstrips en mars. Mais l'intérêt du rachat est moins évident... 

Annabelle Laurent

— 

Snapchat rachète Vurb pour plus de 100 millions de dollars
Snapchat rachète Vurb pour plus de 100 millions de dollars — Vurb

Copiée, dépouillée, mais pas découragée: Snapchat, bousculée par Instagram qui vient tout simplement de lui voler ses «Stories», ne se laisse pas abattre. L’application aux 150 millions d’utilisateurs actifs est en train de racheter Vurb, pour plus de 100 millions de dollars, a révélé lundi soir The Information. Un «bonus» de 75 millions de dollars aurait par ailleurs été accordé au fondateur de la start-up, Bobby Lo. 

Vurb? Une application mobile qui veut vous faciliter la vie quand vous cherchez un film à aller voir, un resto où dîner en sortant de votre séance, une idée de sortie pour votre samedi, etc... Connectée à Yelp comme à Uber, Netflix, Google Maps ou Rotten Tomatoes, l’appli vous permet de rechercher des adresses ou des infos, de les sauvegarder, d’en envoyer les liens à vos amis via un chat intégré, et si besoin de réserver. Elle recommande également des services selon la localisation et les intérêts de l'utilisateur, mais aussi selon le moment de la journée, la météo et les tendances, déterminées à partir des indices de popularité sur les sites communautaires. Tout ceci la positionnant comme concurrente pour... Google, et son  assistant contextualisé Google Now. 

Une app de recherche, so what? 

Ce qui intéresse Snapchat dans l'acquisition d'un tel service? Les raisons sont moins évidentes que pour ses deux précédentes acquisitions: celle de Bitstrips, achetée 100 millions de dollars en mars dernier et dont les emojis ont déjà été intégrés au chat. Et celle de Looksery l’an dernier, destinée à améliorer l’expérience des fameux filtres à selfie.

>> A lire aussi : Nez affiné, peau éclaircie, teint lissé: Comment les filtres Snapchat uniformisent nos critères de beauté

Au sujet de Vurb, qui n’a pas souhaité s’exprimer sur le rachat, reste à spéculer. 

L'équipe? Snapchat serait «surtout intéressée par l’équipe de Vurb davantage que par son produit»,  indique une source à Business Insider. Le bonus important accordé au CEO de la start-up pourrait valider cette thèse. 

Les recommandations à intégrer au chat? «Snapchat pourrait bien être en train de s'offrir un moyen facile d'intégrer à son chat des services semblables à ceux fournis par un bot (robot conversationnel)», imagine de son côté Fast Company. L’objectif de toute plateforme étant de tenir ses utilisateurs captifs, Snapchat pourrait donc chercher à améliorer son chat pour le rendre particulièrement pratique pour s'organiser un ciné/resto entre potes... et donc indispensable à la planification de la vie quotidienne. En parallèle de Facebook qui  ouvrait en avril son Messenger aux chatbots, nous permettant de réclamer un point météo comme un Uber sans quitter la plateforme. 

La recherche, et donc la pub? Autre piste: les compétences recherchées par Snapchat chez Vurb pourraient concerner la recherche. Car c’est bien là le gros point faible de l’appli, sur laquelle on ne peut pas ajouter un nouvel utilisateur sans connaître son nom exact ou avoir recours à son QR Code, ni explorer de sujet par mot-clé. «Ce que Vurb fait de mieux est précisément ce qui manque à Snapchat: la recherche», note the Next Web. Or permettre à l'utilisateur d'explorer la plateforme selon ses propres critères, c'est en apprendre davantage sur lui... et donc augmenter les possibilités de publicité native et géolocalisée. Une solution qui tiendrait surtout en trois lettres donc: pub, pub, pub.