La recette de «La 7e compagnie»? Des films «rassurants» et qui «font du bien»

NOSTALGIE Ce jeudi, TF1 rediffuse pour la énième fois « La 7e compagnie au clair de lune », le troisième épisode de la saga (et ça va encore marcher)…

Clio Weickert

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Les années passent, mais les téléspectateurs ne se lassent pas du film «On a retrouvé la 7e compagnie»
Les années passent, mais les téléspectateurs ne se lassent pas du film «On a retrouvé la 7e compagnie» — Copyright TF1

Plus de quarante ans après sa sortie, La 7e compagnie n’a pas pris une ride, à en croire ses fans. Jeudi dernier sur TF1, le deuxième volet de la trilogie, On a retrouvé la 7e compagnie, a ainsi rassemblé 5,13 millions de fidèles, se classant largement leader devant les JO 2016 sur France 2 et Plus belle la vie sur France 3. Sur Twitter, les téléspectateurs n’ont pas caché leur amour pour la comédie de Robert Lamoureux rassemblant entre autres Jean Lefebvre, Aldo Maccione et Pierre Mondy.

Pour comprendre le succès pérenne de cette comédie française incontournable, dont le dernier épisode est diffusé ce jeudi soir, 20 Minutes a contacté Emmanuel Rossi, l’un des coorganisateurs de la Nuit Nanarland au Grand Rex à Paris le 3 septembre prochain. Au programme ? Quatre « nanars », « des mauvais films sympathiques et drôles » seront présentés aux spectateurs, du film de karaté espagnol au surréaliste Commissaire X : Halte au LSD.

Est-ce que la trilogie « La 7e compagnie » rentre dans la catégorie « nanar » ?

Non, car La 7e compagnie est quand même une comédie française de qualité, Robert Lamoureux était un auteur de théâtre et de music-hall très connu et tous les acteurs des films sont des gens qui sont rompus au succès comique. Ils avaient les moyens, c’est produit par la Gaumont, Lamoureux savait écrire des comédies, les situations étaient très bonnes et les acteurs s’en donnaient à cœur joie. C’est dans la lignée des grandes comédies françaises.

Comment expliquer le fait que cette trilogie séduise toujours autant quarante ans après ?

Je pense que le succès de La 7e compagnie tient peut-être en partie parce qu’elle fait du bien au public. Ça parle d’une défaite mais aussi de « l’esprit français ». On avait beau avoir perdu la guerre, il y avait aussi des résistants, et on riait de ça. C’est la force du film et dans la situation actuelle, ça fait du bien. C’est rassurant.

TF1 semble avoir pour habitude de diffuser cette trilogie l’été, un film estival par excellence ?

C’est un film que l’on regarde en famille avec mamie, papi, et qui réunit beaucoup de générations. Toute la famille peut trouver son compte dedans. Et puis l’été, on se relâche un peu, et ce sont des films qui ne sont pas très chers pour les chaînes… Il y a beaucoup moins de gens qui regardent la télé à cette période de toute façon.

Les téléspectateurs rient toujours autant, même s’ils connaissent tous les ressorts humoristiques du film…

Oui, parce que ça joue sur la complicité avec les téléspectateurs qui l’ont déjà vu. C’est comme pour Les Bronzés, tout le monde le connaît par cœur, et du coup on attend les répliques !

Est-ce qu’on peut appeler cela un film culte et des répliques cultes ?

Je ne suis pas certain que la trilogie ait atteint le statut de culte. Ce n’est pas comme dans Les Bronzés, le « bip bip » ou le « j’ai une ouverture » de Jean-Claude Dusse. A la limite, il y a des gens qui, sans avoir vu le film, connaissent les répliques ! Je ne suis pas certain que ce soit le cas avec La 7e compagnie. Des répliques cultes, ce sont des répliques qui ont traversé l’écran et sont entrées dans le langage courant. La 7e compagnie reste très solide et très efficace, mais pas forcément culte.