«No Man's Sky»: Le jeu vidéo qui prend plusieurs milliards d'années à explorer

JEUX VIDEO Et si un jeu vidéo vous invitait à explorer l'espace infini ? C'est le projet un peu de No Man's Sky, un titre qui surfe sur le genre dit procédural dans lequel les jeux vidéo n'ont plus de limites, plus de fin.

Jean-François Morisse

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Dans No Man's Sky on compte des centaines de milliards de planètes différentes générées aléatoirement.
Dans No Man's Sky on compte des centaines de milliards de planètes différentes générées aléatoirement. — Hello Games

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L’Histoire sans fin est sans doute un film culte pour toute une génération. No Man’s Sky propose quant à lui le jeu vidéo sans fin ou presque. Imaginez : un jeu de science-fiction dans lequel vous pouvez explorer plus de 18 quintillions de planètes différentes soit, en chiffres arabes : 18 446 744 073 709 551 616. De quoi donner le vertige. Si vous deviez explorer une planète chaque seconde, il vous faudrait alors plusieurs milliards d’années pour découvrir toutes ces combinaisons et variations. Rien que ça.

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Le charme de ce No Man’s Sky pour PlayStation 4 et PC, c’est qu’il crée au fur et à mesure de la progression du joueur dans l’espace, les planètes qui l’entourent. Chaque planète est ainsi générée aléatoirement : sa géographie, sa taille, sa faune, sa flore… Impossible de tomber deux fois de suite sur le même environnement, même si ceux-ci ont clairement des points communs (les éléments du décor changent parfois juste de couleur). Outre le plaisir de la découverte dans cet univers gigantesque, les créateurs du jeu ont tout de même voulu donner une espèce de fil directeur à cette aventure démesurée.

« Le but, c’est d’atteindre le centre de l’univers explique Sean Murray en charge de ce projet chez les développeurs britanniques d’Hello Games, nous voulions qu’il y ait une fin même si nous voulons avant tout qu’une fois la manette en main le joueur crée ses propres buts et vive une aventure qui lui soit propre ».

Une aventure entre exploration, commerce et combat un peu comme le proposait le jeu Elite de David Braben en… 1984 ! Ce jeu ne rivalisait évidemment pas en termes de graphismes avec ce nouveau No Man’s Sky mais proposait 8 galaxies à découvrir, chacune comptant 256 planètes différentes. Des mondes générés de façon « procédurale » c’est-à-dire par des algorithmes mêlant un grand nombre de paramètres pour multiplier les combinaisons possibles. Mais le concept de jeu vidéo procédural est encore plus vieux que cela.

La naissance des jeux procéduraux

Il faut revenir au tout début des années 80 pour en trouver la trace dans Rogue. Avec ce jeu créé par les Américains Michael Toy et Glenn Wichman, le joueur explorait des donjons labyrinthiques peuplés de monstres générés aléatoirement à chaque partie. La préhistoire du jeu vidéo et pourtant...

Entre deux explorations de planète, le joueur de No Man's Sky arpente l'espace intersidéral.
Entre deux explorations de planète, le joueur de No Man's Sky arpente l'espace intersidéral. - Hello Games

L’idée de générer grâce à un algorithme les éléments du jeu permettait alors aux développeurs de ne pas multiplier les lignes de programmes tout en proposant une expérience de jeu étendue. A cette époque les micro-ordinateurs ne peuvent stocker que quelques octets de données. Avec Rogue nait le genre du jeu procédural aussi appelé Rogue-like. Ce genre donnera naissance à des jeux devenus cultes comme la série des Diablo conçue par Blizzard.

De la contrainte naît la créativité

Ce qui se faisait par manque d’espace mémoire se fait aujourd’hui parfois plus par manque de moyens. « On le sait, ce qui manque aujourd’hui aux productions indépendantes, c’est l’argent commente Raphaël Lucas, journaliste et auteur, Moins de main-d’œuvre, moins de moyens, la génération procédurale devient alors un moyen pour produire beaucoup de contenu sans passer autant de temps que sur une grosse production ».

Dans No Man's Sky les combats sont rares. Le jeu fait la part belle à l'exploration.
Dans No Man's Sky les combats sont rares. Le jeu fait la part belle à l'exploration. - Hello Games

L’équipe de Hello Games derrière No Man’s Sky compte ainsi une quinzaine de salariés là où des studios de taille moyenne en comptent environ 10 fois plus, sans parler de superproduction comme Assassin’s Creed Unity d’Ubisoft qui a fait appel à plus de « Dix studios (…), soit plus de mille personnes réparties à travers le monde au pic de la production », comme l’expliquait alors Antoine Vimal du Monteil producteur associé du jeu dans une interview.

Vers l’infini et… l’infini

Au-delà d’une astuce de programmeur, les jeux procéduraux comme No Man’s Sky sont la garantie pour le joueur de se retrouver face à des univers quasiment sans fin… Il est toujours possible d’explorer de nouveaux environnements, de découvrir de nouvelles planètes. Malgré l’aspect redonnant de l’aventure et des diverses actions à accomplir (collecte de matière première principalement), les joueurs les plus persévérants en auront pour leur argent. Une chose est sûre après plusieurs heures de jeu à passer d’une planète à l’autre dans l’espace intersidéral : avec No Man’s Sky, l’infini n’a jamais semblé aussi grand.

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