Le poète Yves Bonnefoy est mort à 93 ans

DECES Etudié au bac et traducteur de Shakespeare, le poète est l'auteur de plus de cent ouvrages...

20 Minutes avec AFP

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Yves Bonnefoy en 2007 à Prague.
Yves Bonnefoy en 2007 à Prague. — PETR DAVID JOSEK/AP/SIPA

Yves Bonnefoy, l'un des grands noms de la poésie contemporaine, également critique d'art et traducteur, est mort vendredi à l'âge de 93 ans. Le poète, cité plusieurs fois pour le prix Nobel, est l’auteur de plus de cent livres, traduit en une trentaine de langues. Il a été lauréat du Grand prix de poésie 1981 de l'Académie, du prix Goncourt 1987 de la poésie et a remporté le prix mondial Cino del Duca 1995. Les hommages se multiplient depuis l'annonce de son décès.

Yves Bonnefoy est né le 24 juin 1923 à Tours, dans le centre-ouest de la France, d'un père ouvrier-monteur aux ateliers des chemins de fer et d'une mère institutrice. A partir de 1943, après des études de mathématiques, il étudie à Paris l'histoire de la philosophie et des sciences. Il adhère un temps au surréalisme mais reproche à l'écriture automatique de s'écarter du réel pour bâtir un monde clos de signes et d'images.

Etudié au baccalauréat

A 30 ans, sa réputation est lancée avec la publication de Du mouvement et de l'immobilité de Douve, un recueil à contre-courant de l'époque, marqué par le dépouillement et une quête intérieure qui range déjà son auteur parmi les plus grands poètes français. Ce recueil, salué par la critique, paraît au Mercure de France, un de ses éditeurs historiques.

Il signe ensuite notamment Hier régnant désert (1958), Pierre écrite (1965), Dans le leurre du ciel (1975), Ce qui fut sans lumière (1987), La vie errante (1993), L'encore aveugle (1997) ou Les planches courbes, inscrit au programme du bac au début des années 2000.

>> A lire aussi : «L'autre langue à portée de voix» de Yves Bonnefoy chez Seuil (Paris, France)

Très actif en dépit de son âge, on lui devait encore cette année L'écharpe rouge (poésie) et La poésie ou la gnose (essai). Sa poésie, grave et généreuse, attentive aux sonorités, avait remporté l'adhésion de la critique et de fidèles lecteurs, séduits par son goût du «sensible» et son refus du «concept» ou de «l'abstrait». C'est enfin le traducteur de l'essentiel du théâtre de Shakespeare (traductions précédées de lumineuses préfaces) mais aussi de Yeats, Pétrarque ou Georges Seferis, qui fut son ami.