Série Series: «Kosmo», «Skam», «Tytgat Chocolat»... Vite, que ces pépites arrivent en France!

SERIES Le festival Série Series présentait cette semaine la crème de la production de séries européennes à Fontainebleau…

Anne Demoulin

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L'équipage de la série tchèque «Kosmo», présentée ce mercredi au festival Série séries.
L'équipage de la série tchèque «Kosmo», présentée ce mercredi au festival Série séries. — Logline Production/Czech Television

Un festival dédié aux séries européennes et à leurs créateurs, conçu par ceux qui les font. Au programme de Série Series à Fontainebleau jusqu’à vendredi soir, la crème de la production du continent. 20 Minutes y était et a dégoté trois pépites qu’on adorerait voir en France.

La délirante série Tchèque « Kosmo »

Kosmo est une minisérie tchèque en 5 épisodes, complètement déjantée. « L’idée de Kosmo est venue d’une question simple : “Et si les Tchèques étaient les premiers Slaves à aller sur la Lune ?” Les Russes n’y ont jamais mis les pieds ! », explique Tomáš Baldýnský, le créateur de la série. A travers l’histoire de ce vol (qui, bien évidemment, n’a jamais eu lieu), Tomáš Baldýnský livre une cinglante satire des affaires politiques et sociales de la République Tchèque et de son complexe d’infériorité par rapport aux autres pays. Alors que « la comédie s’exporte mal en général », selon Tomáš Baldýnský, la minisérie slave défie les lois du genre. Dans Kosmo, les diplomates russes disent toujours le contraire de ce qu’ils vont faire et les Américains souhaitent envahir la Polynésie à cause de son potentiel pétrolier, sous couvert de démocratie en crise. Une sorte de Borat à la sauce – visiblement grasse – tchèque.

« Skam », le « Game of Thrones » transmédia norvégien

« Je fais de la télévision depuis longtemps, mais je n’ai jamais rien vécu d’aussi phénoménal qu’avec ces cinq filles », lance Marianne Furevold, la productrice de la Skam. « Faites quelque chose qui ramène les jeunes à NRK », telle était la mission de Marianne Furevold pour la chaîne publique norvégienne. La productrice imagine alors un concept original autour de l’histoire, somme tout banale d’un groupe de cinq adolescentes. Skam est doté d’un dispositif transmédia qui permet de suivre la vie des personnages en temps réel grâce à des photos et vidéos et chats, diffusés sur un site dédié et les comptes virtuels des héroïnes sur les réseaux sociaux. « Lorsque les héros de la série vont à une fête le vendredi, la vidéo de la fête est mise en ligne le vendredi », explique Marianne Furevold. Les vidéos forment ensuite un épisode diffusé sur NRK. La série passionne la jeunesse norvégienne et des centaines de milliers de followers suivent quotidiennement les aventures de cette bande de jeunes. Côté audience, le phénomène Skam fait régulièrement mieux que Game of Thrones. Preuve qu’une fois encore, les Scandinaves ont tout compris !

« Tytgat Chocolat », l’audacieux pari belge

« Beaucoup de personnes ont douté que l’on réussisse à mener le projet jusqu’au bout », lance Peter Van Huyck, le directeur des fictions deMensen, la maison de production belge qui a fait le pari de faire une série avec des acteurs mentalement déficients. « Pourtant, travailler avec eux est simple, il suffit de prendre le temps de communiquer avec eux. Ils comprennent les émotions qu’ils jouent », raconte Marc Bryssinck, co-créateur de la série et directeur artistique de la compagnie de théâtre Stap qui travaille depuis de nombreuses années avec des handicapés. A Tytgat Chocolat, usine de chocolat qui emploie des travailleurs mentalement déficients, Jasper tombe amoureux d’une collègue, Tina, originaire du Kossovo. Quand Tina est soudainement expulsée, Jasper et ses amis se lancent dans un road trip pour la retrouver. « On voulait les faire sortir de leur monde et aller vers le monde », explique Filip Lenaerts, l’autre co-créateur de la minisérie de 7x52 minutes. La relève de Pascal Duquenne, récompensé à Cannes pour Le 8e Jour, est assurée !