Pop Corner, quand le Web débarque sur grand écran

Internet Un collectif de jeunes créateurs veut construire des ponts entre création numérique et cinéma...

François Oulac

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La vlogueuse Adèle Ta Chérie d'Amour.
La vlogueuse Adèle Ta Chérie d'Amour. — YouTube

Amener la Toile… sur la grande toile, c’est le but des soirées Pop Corner, dont la première aura lieu le 29 septembre au cinéma MK2 Bibliothèque, à Paris. Pour cette première édition, dont 20 Minutes est partenaire, l’agence Cougar, qui organise l’événement « au croisement d’Internet et du septième art », met en avant des talents maison : Sofyan Boudouni, alias Sofyan Fait Du Cinéma, auteur de tutoriels vidéo, Sébastien Frit, alias Seb La Frite, humoriste et chroniqueur musical, et la vlogueuse Adèle Castillon, connue sous le pseudo Adèle Ta Chérie d’Amour (près de trois millions d’abonnés à eux trois). Cette dernière animera la première soirée pour les quelque 700 visiteurs attendus.

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Au programme : diffusion du nouveau court-métrage de Sofyan Boudouni, visionnage de vidéos, conférences avec les créateurs et autres surprises. Une dizaine de soirées sont prévues, sur une durée de dix mois, auxquelles s’ajouteront de nouveaux intervenants. « On parlera beaucoup de processus créatif, il y a pas mal de choses à dire et beaucoup de gens qui veulent se lancer là-dedans. On veut rencontrer notre public et leur apprendre des choses », explique Sofyan, 22 ans.

L’événement constitue aussi, pour les organisateurs, un rassemblement générationnel : des 15-25 ans qui parlent à leur propre public. « C’est une prise de parole, un moyen de sortir des créateurs de l’ombre », précise Adèle, 15 ans.

« YouTube rattrape la télé »

Friands d’instantanéité et de nouveaux moyens d’expression, ces jeunes YouTubeurs défendent l’originalité et les codes propres à la création numérique. Et pourtant, avec ces soirées spéciales, ils se rapprochent du 7ème art. « On s’est dit que le contenu d’Internet avait suffisamment de qualité pour être diffusé là, explique Sofyan, 22 ans. On se dirige vers des choses tellement léchées qu’on rattrape la télé et on est juste derrière le cinéma. »

Alors qu’en novembre dernier Les Dissociés, le long-métrage du collectif d’humoristes Suricate, diffusé gratuitement sur YouTube, rassemblait plus de spectateurs que Les Profs 2, et qu’un simple smartphone peut aujourd’hui se transformer en caméra professionnelle, les limites entre les deux médias sont de plus en plus poreuses.

Est-ce à dire que ces influenceurs du Web veulent, à terme, intégrer le giron de la production audiovisuelle traditionnelle ? « Je ne me pose pas trop ce genre de question pour l’instant », répond Adèle, « après, c’est sûr que le cinéma m’attire. J’espère ne pas faire des vidéos YouTube toute ma vie ! » Même son de cloche chez Sofyan, fan de Scorsese et Tarantino : « Certaines personnes veulent rester sur le Web, mais d’autres voudraient développer des contenus dans de très bonnes conditions. YouTube peut être une fin en soi, mais pour moi le cinéma, c’est un rêve de gosse. »

Réservation à partir du 9 septembre sur www.mk2.com