La musique peut-elle encore être «plus forte que...» tout ?

MUSIQUE « Plus forte que »… la crise ? Les menaces d’attentats ? La météo maussade ? C’est le pari de la 35e Fête de la musique, que certains musiciens se disent prêts à relever…

Betteline Mimran

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Fête de la musique 2016
Fête de la musique 2016 — Visuels presse - Cover Tweeter

La Fête de la musique pour sa 35e édition, se veut « plus forte que… » tout. Mais le sera-t-elle, vu le contexte social tendu, les conditions météorologiques minables, l’omniprésence du foot, la concurrence de festivals plus pros et la diffusion en numérique ?

Alors qu’à Paris le concert Ricard S.A Live Music a été annulé du fait d’un avis défavorable de la Préfecture de Police, 20Minutes rapporte le témoignage d’artistes pour qui cette fête gratuite fait toujours rêver…

C’est le cas de Lucas. Etudiant en Master de Management de l’audiovisuel à l’ESG de Paris, mais aussi musicien amateur sous le nom de Shaelone, ne pourra pas s’y rendre cette année. « Mais j’aimerais y participer dès l’année prochaine ! Je pense sincèrement que c’est le meilleur moyen de tester ton live. Et si j’y parviens, j’imagine ça comme une zone de partage musical, où l’on est plusieurs à mélange les genres et à voir si on capte l’attention en direct… »

Cet altruisme n’est pas que l’apanage de la jeunesse. Olivier Hebert, guitariste, chanteur et compositeur du groupe La Collective, y participe depuis de nombreuses années. Pour lui, le 21 juin est avant tout un moment de convivialité : « C’est comme un rendez-vous amical et festif, ce n’est pas fondamentalement promotionnel, confie celui qui donne rendez-vous cette année sur la Place des grés dans le 20e à Paris. L’important, c’est le plaisir de jouer, de faire de la musique simplement, sans être dans le calcul. »

Chris, le chanteur du groupeTales croit également en cette force d’authenticité. « On essaie toujours de jouer le plus possible, dit-il. On est musiciens du métro et le 21 juin, on sera sur le parvis de la Maison de la radio à Paris. Le live, pour nous, ça se travaille en continu et on espère toujours élargir notre public. On sait bien que le live permet ça. »

Même son de cloche -ou de batterie- chez les artistes professionnels comme Lola Evangelista, la bassiste de Miss America (qui assure, entre autres, la première partie de Johnny Hallyday). « Notre point fort, c’est la scène, dit-elle. On adore ça et comme on fait du rock’n’roll en anglais, on sait bien que c’est par le live qu’on peut se faire le mieux remarquer. D’habitude, pour la fête de la musique, on préfère ne pas jouer et en profiter pour aller voir les autres groupes de notre ville (Nice). Mais cette année, on a décidé de participer (sur le Théâtre de verdure de Nice, actuellement transformé en Fan Zone). Ce sera une soirée avec pleins d’autres groupes qu’on adore. L’occasion était trop belle. Et puis c’est sympa de jouer devant un public varié qui ne vient pas forcément pour toi. C’est un super-challenge. »

Pour résumer, si la convivialité, l’authenticité et la gratuité sont au rendez-vous, alors oui la fête de la musique peut être « plus forte que… » tout ! A commencer par l’Euro de football. Le temps d’une journée…