Les nouvelles séries de la rentrée dont vous allez entendre parler... Partie 2

Sandrine Cochard et Elodie Drouard

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5- Journeyman
Si l'on peut résumer la nouvelle série de NBC à une énième histoire de voyageur dans le continuum espace-temps, «Journeyman» est à des années-lumière de «Code Quantum». Car si Dan Vasser (Kevin McKidd, Lucius Vorenus déjà remarqué dans «Rome») se retrouve soudain dans le San Francisco de 1987, il ne sait pas pourquoi, ni comment. Plus grave, durant ses voyages spatio-temporels, il disparaît du temps présent, sans pouvoir justifier auprès de ses proches son emploi du temps. Outre le fait qu'on le soupçonne d'avoir de gros problèmes avec la drogue (et oui, c'était ça ou la folie...), Dan se retrouve confronté dans le passé avec son propre moi et son ex-petite amie, morte depuis dans un accident d'avion.
Problème. Vrai drama, «Journeyman» s'interroge avec beaucoup de finesse et d'intensité sur le thème pourtant éculé du «que ce serait-il passé si...?». Seul vrai point noir, la série est programmée le lundi soir après «Heroes». Cette case hautement sensible a déjà été fatale la saison précédente à «Studio 60» et à «The Black Donnellys». Croisons les doigts...



4- Burn Notice

Ambiance «James Bond» pour cette nouvelle série diffusée cet été sur la chaîne câblée américaine USA Network. Un jeune espion au sourire ravageur se retrouve sous le coup d'une «burn notice», une note lui annonçant qu'il est viré. Coincé à Miami entre une ex-petite amie folle d'explosifs, un ancien collègue qui a ses entrées au FBI et une mère (Sharon Gless, déjà mère d'un autre Michael dans «Queer As Folk») qui aimerait bien comprendre ce que fabrique son rejeton, l'agent Weston (Jeffrey Donovan, vu dans «Le Caméléon») se retrouve avec deux objectifs. Privé de revenus, notre espion monnaie ses services auprès de particuliers (une mission par épisode), tout en menant l'enquête pour comprendre qui l'a viré et pourquoi. Bref, Michael est au fil des épisodes très occupé mais toujours très classe. Un McGiver glamour en sorte qui, comme «Dexter» nous fait découvrir Miami, entre nymphettes siliconées et authentiques caïpirinhas. La série a d'ores et déjà était reconduite pour une seconde saison.



3- The Riches
Pas vraiment une série de rentrée, plutôt une série de printemps : la première saison de «The Riches» s’est achevée en juin sur FX. Les Malloys sont une famille d'arnaqueurs. Responsables malheureux de la mort accidentelle de M. et Mme Rich, ils décident d'usurper leur identité en emménageant dans le quartier résidentiel de ce couple de riches Américains. Confrontés à un monde qu'ils ne connaissent pas, les nouveaux Riches vont désormais devoir se comporter en vrais bourgeois et continuer à faire durer la supercherie.
Hilarante, magnifiquement interprétée (Minnie Driver a d'ailleurs été nominée aux Emmy Awards cette année), ces menteurs invétérés se sortent de tous les coups fourrés avec une jouissive impertinence. La première saison sera diffusée sur Jimmy cette année.




2- Tell Me You Love Me
Précédée d'un énorme buzz cataloguant cette série diffusée sur HBO comme la série «cul» de cette rentrée, «TMYLM» était très attendue. Pour cette raison certes mais aussi parce que l'on espérait beaucoup de la nouvelle grille de la mythique chaîne câblée («The Sopranos», «Six Feet Under», «Sex and the City», ou encore «Oz»…). La chaîne cherche désormais un second souffle. Seuls «The Wire» et «Big Love» maintiennent HBO dans la liste des séries à regarder après l'annulation de «John From Cincinnati».
Proche du docufiction, «TMYLM» raconte le quotidien de trois couples hétérosexuels confrontés à des problèmes intimes (perte du désir, difficulté à avoir un enfant, jalousie...). Si les scènes de sexe sont effectivement très réussies, la force de la série réside dans sa capacité à montrer la complexité des relations humaines et la difficulté d'être à deux. «Tell Me You Love Me» est bouleversant de justesse, souligné par une bande-son impeccable (Phoenix, Yeah Yeah Yeahs...). Jouant à la fois sur le voyeurisme du téléspectateur et son empathie naturelle, on pourrait volontiers parier sur la pérennité d'une telle série. Pourtant les choses ne sont pas si simples. En confrontant le spectateur à ses propres problèmes, HBO prend le risque de perdre sa vocation d«entertainer» : les Américains auront-ils envie de visionner le lundi soir en rentrant du boulot les déboires d'une famille qui leur ressemble trop ? Si «TMYLM» ne connaîtra probablement pas le destin des «Sopranos», espérons que les téléspectateurs lui donneront la chance qu'elle mérite.



1- Pushing Daisies
Un pré-ado découvre par hasard qu’il a le don de ramener à la vie les morts par simple contact physique. Mais si les toucher les ranime, un deuxième contact leur est fatal. A l’âge adulte, Ned utilise son don pour ressusciter son premier amour. Et se condamne ainsi à ne plus pouvoir la toucher, sous peine de la tuer définitivement… Dans la veine de «Little miss Sunshine» pour sa photo haute en couleur et le charme de son univers délicieusement régressif, la nouvelle série d’ABC est une réussite : scénario original, acteurs attachants, rythme trépidant et situations hilarantes... Le tout saupoudré d’une pincée de romantisme….
La grande force de la série est son casting exécutif: créée par Bryan Fuller, déjà à l’origine de «Dead like me», auquel «Pushing daisies» emprunte l’univers mortuaire sans être macabre, et scénariste de «Heroes», le gros succès de NBC l’année dernière, la série compte également Barry Sonnenfeld («Men in black», «Les valeurs de la famille Adams») à son générique. Deux influences identifiables dès le pilote.