VIDEO. Eurovision 2016: Ce qu'il faut retenir de la finale

MUSIQUE La 61e édition du concours s'est terminée ce samedi soir, en Suède...

De notre envoyé spécial à Stockholm (Suède), Fabien Randanne

— 

La chanteuse Jamala a remporté l'Eurovision pour l'Ukraine, à Stockholm le 14 mai 2016.
La chanteuse Jamala a remporté l'Eurovision pour l'Ukraine, à Stockholm le 14 mai 2016. — Martin Meissner/AP/SIPA

Vingt-six pays candidats, mais un seul vainqueur… L’Eurovision 2016 a sacré l’Ukrainienne Jamala dans la nuit de samedi à dimanche, sur la scène de l’Ericsson Globe Arena de Stockholm. Si vous n’étiez pas au rendez-vous, voici ce qu’il faut savoir…

>> Revivre la finale en direct

Une victoire ukrainienne

C’est au bout du suspense que l’Ukrainienne Jamala a offert à son pays sa deuxième victoire à l’Eurovision, douze ans après celle de Ruslana qui chantait Wild Dances. Avec 534 points, elle devance l’Australie (511), la Russie (491), la Bulgarie (307) et la Suède (261). Sa chanson, 1944, évoque le sort dramatique des Tatares de Crimée déportés sur ordre de Staline. L’émotion transmise par Jamala a atteint les téléspectateurs qui ont massivement voté pour elle, la classsant en deuxième position (comme le jury), derrière le Russe.

>> A lire aussi : Pourquoi la chanson de l'Ukraine pourrait faire polémique

Un bon résultat pour la France

Si l’on nous avait dit, après la 25e place sur 27 obtenue par Lisa Angell l’an passé, que la France finirait dans le Top 10 de l’édition suivante, on aurait signé tout de suite. Alors oui, même si on a longtemps pensé que la victoire était à portée de main, restons optimistes. La chanson d’Amir est diffusée dans plusieurs pays d’Europe, il a marqué ce concours 2016 et s’est ouvert à un nouveau public, hors des frontières hexagonales. Et puis, France 2 a montré qu’elle prenait le concours au sérieux et que, si elle participe, c’est pour gagner. Avec 257 points, Amir finit à quatre points du Top 5. S’il est neuvième des votes des téléspectateurs, il est le troisième du côté du palmarès des jurés professionnels. Un vrai satisfecit.

>> A lire aussi : Amir offre une 6e place à la France

La déconvenue russe

Il a été le favori incontesté pendant plusieurs mois. Sa scénographie en mettait plein la vue. Et sans doute s’imaginait-il gagnant avant l’heure, même s’il a toujours cherché à rester humble en conférence de presse. Le Russe Sergueï Lazarev, star dans son pays, devra se contenter de la troisième place. S’il y a un grand déçu cette année, c’est bien lui. Et le fait que ce soit l’Ukraine qui l’emporte n’a pas dû réjouir la Russie…

>> A lire aussi : Russie, France, Australie... Les favoris passés au crible

Les résultats font mentir les bookmakers

Pour les pros des pronostics et des mises, la victoire ne pouvait pas échapper à la Russie… Mais les jurés et les téléspectateurs ne l’ont pas entendu de cette oreille. Sergueï Lazarev finit donc troisième. En revanche, plusieurs pays dont la cote était assez faible figurent dans le Top 10 : la Bulgarie est 4e, la Pologne 8e, la Lituanie 9e et la Belgique 10e… L’Espagne, qui a doublé la France chez les bookmakers pendant la finale, jusqu’à atteindre la troisième place, termine 22e sur 26.

Les pays du "Big 5" font grise mine (sauf la France)

Les cinq pays qualifiés d’office pour la finale parce qu’ils sont les plus importants contributeurs financiers du concours sont surnommés le "Big 5". Cette année, seule la France tire son épingle du jeu. L’Italie atterrit dans le ventre mou du classement (16e). L’Espagne (22e), le Royaume-Uni (23e) et l’Allemagne (26e) se retrouvent quant à eux tous les trois dans les cinq derniers. Pour nos voisins d’outre-Rhin, le coup est d’autant plus dur que leur pays est la lanterne rouge pour la deuxième année consécutive.

Un concours toujours plus planétaire

L’Australie, pays fondu d’Eurovision, a été convié à participer pour la deuxième année consécutive. La finale 2016 a été diffusée pour la première fois aux États-Unis cette année, sur la chaîne thématique LGBT Logo TV, et pour la deuxième fois en Chine (10 millions de téléspectateurs !)… En tout, quelque 200 millions de téléspectateurs auront été au rendez-vous. Signe que l’événement s’impose toujours plus comme un rendez-vous planétaire : Justin Timberlake a chanté lors de l’entracte. Il a évidemment assuré et mis une ambiance de feu dans un Ericsson Globe Arena déjà surchauffé. Et si l’Eurovision devenait le point de passage incontournable des plus grandes stars, à l’image du Superbowl ?

La formule gagnante des animateurs 

Måns Zelmerlöw, vainqueur de l’édition 2015, et la comédienne Petra Mede auront été des maîtres de cérémonies parfaits. Leur second degré et leur humour pince-sans-rire ont fait mouche à chaque fois. Ils ont offert un grand moment camp lors de l’interval act. Dans un numéro rempli de clins d’œil aux performances cultes de l’Eurovision (Alexander Ryback, vainqueur de 2009 pour la Norvège, était là avec son violon, Lordi, gagnants de 2006, étaient aussi représentés, la Polonaise qui barattait de manière salace en 2014 a elle aussi été évoquée, de même que les Autrichiens qui ont enflammé leur piano l’an passé…). Le duo a repris tous les pires gimmicks de certains candidats et entonné la chanson Love Love Peace Peace («Amour Amour Paix Paix») pleine de second degré. 12 points !