Eurovision: France 2 «réfléchit» à laisser les téléspectateurs choisir les futurs candidats

MEDIAS L'engouement public et médiatique pour le représentant français à l'Eurovision cette année semble encourager France Télévisions à réfléchir à une nouvelle stratégie pour les éditions à venir...

De notre envoyé spécial à Stockholm (Suède), Fabien Randanne

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Amir, candidat français à l'Eurovision 2016, face aux médias à l'issue d'une conférence de presse, le 13 mai 2016, à Stockholm (Suède).
Amir, candidat français à l'Eurovision 2016, face aux médias à l'issue d'une conférence de presse, le 13 mai 2016, à Stockholm (Suède). — Andres Putting

Cela faisait longtemps qu’une chanson de la France à l’Eurovision n’avait pas soulevé un tel enthousiasme. A Stockholm (Suède), où se déroule l’événement cette année, rares sont les fans et médias étrangers qui ne connaissent pas Amir et son morceau, J’ai cherché. Dans les soirées officielles organisées à l’Euroclub, sorte de boîte de nuit éphémère qui, le temps de deux semaines, a pris ses quartiers au bord de l’eau, devant le Palais royal, le « You-hou-hou-hou-hou » du refrain est repris en cœur. Le chanteur tricolore est aussi l’un des plus sollicité par les journalistes du monde entier.

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Même en France, où J’ai cherché pointe ce vendredi à la 8e place du top single, le concours semble cette année susciter un regain d’intérêt : « On a rassemblé le pays derrière nous, assure Edoardo Grassi, le tout nouveau chef de la délégation française. La chanson est moderne, sans frontières, son message peut être compris partout. »

Les médias internationaux croisés dans la salle de presse sentent une nette différence par rapport aux éditions précédentes. Plusieurs journalistes estiment que le pays de Lisa Angell prend désormais l’Eurovision bien plus au sérieux, en envoyant une chanson susceptible de gagner. Le changement a aussi eu lieu du côté de la communication. « Quand France 3 se chargeait du concours, il était compliqué de décrocher des interviews. Cette année, avec France 2, c’est plus facile, ils ont compris qu’il est important d’assurer la promotion de l’artiste aussi à l’étranger », note Pierre Bertinchamps, journaliste belge qui travaille pour Télépro.

« On réfléchit au moyen d’impliquer davantage les Français à l’Eurovision »

« On a fait un travail immense à France Télévisions depuis la dernière édition de l’Eurovision pour mobiliser tout le groupe, ce qui n’était pas évident, confirme Nathalie André, directrice des divertissements de France 2. Cela n’est que la deuxième année que France 2 s’occupe du concours. Edoardo Grassi a apporté son expérience. Avec lui, on réfléchit beaucoup au moyen d’impliquer davantage les Français dans l’Eurovision. »

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Cela pourrait passer par l’organisation de sélections ouvertes aux votes des téléspectateurs pour désigner la chanson candidate. Ces dernières années les morceaux tricolores ont été élus en interne et en petit comité. Verra-t-on bientôt l’équivalent d’un Melodifestivalen suédois dans la grille du service public ? A savoir, un télé-crochet au cours duquel le public voterait pour choisir la chanson candidate… « On y réfléchit », s’est contenté de répondre Edoardo Grassi. Les audiences de la finale, diffusée en direct samedi soir sur France 2, influeront sans doute dans la réflexion.