Pedro Winter: « Il y a un avenir pour la musique électronique française »

ELECTRO Le DJ et patron du label Ed Banger est le parrain du BPM Contest, tremplin pour producteurs de musique électronique...

Benjamin Chapon

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Pedro Winter, parrain du Bpm Villa Schweppes 2016
Pedro Winter, parrain du Bpm Villa Schweppes 2016 — T.Bismuth/Mediatome

Le Villa Schweppes BPM Contest 2016 se balade actuellement dans toute la France à la rencontre des jeunes talents de la musique électronique. Depuis six ans, ce tremplin organise des concerts où s’affrontent DJ et producteurs sous l’œil d’un jury de professionnels. Cette année, Pedro Winter, fondateur légendaire de Ed Bangers Records, est le parrain du concours.

Un artiste électro a-t-il nécessairement besoin de concours et tremplins pour lancer sa carrière ?

Plutôt que chercher des formules magiques, il est plus intéressant de se dire que ce genre de tremplin peut effectivement aider des jeunes artistes à se faire connaître. Aujourd’hui tout le monde peut composer et diffuser sa musique. L’idée du BPM Contest est d’accompagner, de guider et faire en sorte qu’un talent sorte du lot. Le jury est composé de professionnels passionnés par cette culture électronique. Nous sommes là pour aiguiller les jeunes artistes, il y a en plus du côté tremplin une réelle envie de transmettre.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le concept du BPM Contest ?

J’ai les oreilles ouvertes, j’ai 20 ans de métier, cette opportunité arrive à un moment parfait dans ma carrière. Je peux être de bons conseils…

Il semble que les labels électro « recrutent » les artistes de plus en plus tard dans le développement de leur carrière.

Là encore, il n’y a pas de règles. Personnellement j’ai toujours préféré travailler avec des jeunes artistes, écrire une histoire avec eux. C’est vrai que certains labels plus frileux attendent que l’artiste soit déjà connu ou ait déjà une fan base solide pour se lancer dans l’aventure avec lui.

Quelle est la principale différence dans la méthode de lancement d’un artiste aujourd’hui et en 2010 ?

Le vrai changement a eu lieu à la fin des années 90, la révolution internet est le point de rupture. Depuis, nous naviguons tous à vue. Il est crucial pour les labels de pouvoir réagir vite et s’adapter aux changements de distribution, de communication et de consommation de la musique. Le streaming est devenu la norme, et pourtant on vend de plus en plus de maxis. Il ne faut pas trop chercher à tout comprendre, il est important de continuer à créer des projets artistiques sans se soucier des méthodes et autres business plans.

Est-ce que la popularité de certains gros vendeurs en électro française aide à l’éclosion de talents moins mainstream ?

On le répète depuis 20 ans maintenant, Daft Punk a ouvert les portes. Par la suite, la confirmation des succès de Justice, Martin Solveig, Rone ou M83 ont montré qu’il y avait un avenir pour la musique électronique française. Roche Musique prend le relais aujourd’hui, ils sont les héritiers de tout ce travail. La scène française devrait se féliciter de tous ces succès et il est crucial de laisser la nouvelle génération écrire sa propre histoire.

Une tournée dans huit villes est-elle vraiment opportune ? Y a-t-il vraiment une scène électro dans chacune de ces villes ?

Je pense qu’on pourrait en faire 10 autres facilement ! Il y a mille scènes différentes en France. C’est naturel d’aller se balader un peu partout. Regarde les mecs de Caen, Fulgeance, Superpoze et compagnie, ils ont réussi à imposer leur son et leur ville dans le paysage musical.

On dit souvent qu’aujourd’hui, il n’y a pas de recette pour percer dans la musique. Y en a-t-il jamais eu ?

Heureusement qu’il reste une part de chance, de rêve et d’accident, sinon ce ne serait plus vraiment un art.