L'Albanie et la Bulgarie communiquent davantage leurs documents administratifs que la France

LEGISLATION Interview d'Helen Darbishire, fondatrice du réseau Access Info...

Propos recueillis par Alice Antheaume

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Helen Darbishire, fondatrice du réseau Access Info, s’insurge face aux difficultés que fait l’administration française pour communiquer ses documents. Pour que la situation change, elle lance la journée du droit de savoir en France, ce 28 septembre. Interview.

Pourquoi lancer la journée du droit de savoir en France?
Parce que nous voulons améliorer l’accès des citoyens français à l’information. Ils payent des impôts et ont le droit de savoir exactement ce qu’a coûté tel ou tel investissement dans la commune où ils habitent. Ils ont aussi le droit de savoir où se trouvent les champs remplis d’OGM. La loi de 1978 les autorise à connaître le détail des documents administratifs. Or si elle veut bien répondre, l’administration française met au moins un mois avant de les envoyer aux citoyens qui les demandent, plus donc qu’en Bulgarie et Arménie, qui satisfont les requêtes en environ quinze jours. Autant dire que les nouvelles démocraties ont un meilleur niveau de livraison que la France.

Pourquoi dites-vous que l’accès à l’information sert à veiller contre la corruption?
Prenons un exemple: la Banque Mondiale exige que les présidents des pays en voie de développement déclarent leurs biens et réactualisent cette déclaration chaque année. En Roumanie, la déclaration est même visible en ligne. Or en France, le président n’y ait pas obligé, il n’a aucune pression. Si le nouveau gouvernement de Nicolas Sarkozy est aussi pro-transparence qu’il le dit, il devrait être dans l’action et favoriser l’application de la loi.