VIDEO. Eurovision 2016: Russie, France, Australie... Les favoris passés au crible

MUSIQUE Cette édition 2016 de l'Eurovision est très ouverte et si le Russe est le grand favori, de nombreux autres candidats sont en mesure de lui disputer la victoire finale...

Fabien Randanne

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Sergeï Lazarev (Russie), Amir (France) et Dami Im (Australie), candidats à l'Eurovision 2016.
Sergeï Lazarev (Russie), Amir (France) et Dami Im (Australie), candidats à l'Eurovision 2016. — Eurovision.tv - Renaud Corlouër - Peter Brew-Bevan

Une victoire française après trente-neuf ans de disette ? Un sacre du pop tsar russe ? Une consécration de plus pour la Suède ? Les paris sont ouverts en attendant que l’édition 2016 de l’Eurovision livre son verdict dans la nuit de samedi à dimanche. Alors que la finale du concours, qui se tiendra à Stockholm (Suède) sera diffusée ce samedi, dès 21h, en direct sur France 2, 20 Minutes vous présente cinq des principaux favoris, même si la victoire surprise d’un outsider est loin d’être exclue…

  • La Russie ou le show venu du froid

Sergueï Lazarev est en quelque sorte le M. Pokora russe. Ex-membre du duo de bellâtres Smash!, il est passé par la case comédie musicale avant de goûter au succès en solo. Le trentenaire qui a fait ses premiers pas sous les projecteurs à 12 ans est un showman aguerri et c’est avec le statut de favori qu’il débarque en finale. Sa chanson, que certains trouvent datée, est efficace dès la première écoute et sa mise en scène sera spectaculaire.

Son talon d’Achille : La Russie est décriée dans le concert politique européen. Depuis trois ans, les candidats russes sont la cible de huées qui ne les visent pas personnellement mais s’adressent à l’attitude de Vladimir Poutine envers l’Ukraine et aux lois homophobes instaurées dans le pays en 2013. En conférence de presse, Sergueï Lazarev a assuré qu'il existait « une vie gay très importante en Russie » et que si son pays devait organiser le concours l'an prochain, les touristes homos seraient accueillis à bras ouvert... Ces déclarations suffiront-elles à lui permettre de faire le plein de points ?

  • La France ou l’opération séduction d’Amir

Après une énième déconvenue en finale l’an passé, la délégation française emmenée par Nathalie André, directrice des divertissements de France 2, et Edoardo Grassi, a décidé de revoir sa stratégie de fond en comble. C’est ainsi qu’ils ont choisi Amir et sa chanson J’ai cherché pour défendre les couleurs de l’Hexagone à Stockholm. Couplet en français, refrain en anglais, gimmick qui reste en tête : la chanson est très bien accueillie en Europe. Les fans du concours, quelle que soit leur nationalité, plébiscitent le morceau. Bref, la France fait partie de la liste des vainqueurs potentiels de cette édition.

Son talon d’Achille : Tout va se jouer sur la prestation finale. Amir devra maîtriser ses aigus à la perfection – ce qui n’était pas toujours le cas lors de ses précédents lives. Il faudra aussi que la mise en scène, qui a déçu lors des répétitions, soit parfaitement rodée pour taper dans l'oeil des téléspectateurs…

  • L’Australie ou la possibilité d’une île

Invitée à concourir à titre exceptionnel l’an passé, l’Australie – où l’Eurovision est énormément suivi – a de nouveau été conviée cette année. Dami Im, artiste d’origine coréenne devenue star dans son pays d’adoption après son passage victorieux dans X Factor, a du coffre et de la classe à revendre. Il va aussi falloir compter avec elle.

Son talon d’Achille : L’Australie avait engrangé de nombreux points l’an passé, si bien qu’elle avait fini à la cinquième place du concours. Mais cette participation était annoncée comme exceptionnelle. Le petit côté « exotique » avait sans doute joué en sa faveur. Reste à savoir si les téléspectateurs européens seront prêts à décrocher leur téléphone pour voter en masse pour ce pays que certains perçoivent comme un intrus dans ce concours européen.

  • L’Ukraine ou le cri du cœur

Attention, émotion. Dans sa chanson, 1944, Jamala rend hommage aux milliers de Tatars de Crimée qui sont morts après avoir été déportés sur ordre de Staline qui les accusait d'avoir collaboré avec les nazis. Sa chanson, interprétée en anglais et en tatare, est actuellement à la deuxième place chez les bookmakers. 

Son talon d’Achille : « Elle ne chante pas, elle crie », s'émeuvent certaines oreilles à Stockholm en entendant la chanson de Jamala. Si les jurés pros seront sans doute sensibles à la performance de la jeune artiste, il est permis de se demander comment elle sera perçue par les téléspectateurs européens. D'autant plus que si l'on ignore de quoi parle la chanson, elle peut nous laisser de marbre. Et si l'on sait de quoi parle la chansons, les paroles « Quand les étrangers arrivent, ils viennent dans votre maison. Ils vous tuent et disent : "Nous ne sommes pas coupables" », ne sont pas les plus appropriées pour assurer l'ambiance.

  • La Bulgarie ou la perspective d’un retour gagnant

Poli Genova connaît bien l’Eurovision puisqu’elle a déjà représenté la Bulgarie en 2011. Mais à l’époque, elle n’avait pas dépassé le stade des demi-finales. Cette année, elle n’a pas connu la même déconvenue avec If Love Was A Crime, qu’elle a coécrit avec des auteurs et compositeurs suédois – la patte suédoise, qui fait souvent merveille au concours, est très recherchée. Son morceau se range facilement dans le haut du panier parmi tous les titres prétendant à la victoire finale. Difficile de résister !

Son talon d’Achille : La Bulgarie fait son retour à l’Eurovision après une absence de trois ans et donc a perdu du temps côté lobbying. Le risque est que son If Love Was a Crime soit la chanson que tout le monde « aime bien » mais sans que cela se concrétise par un vote…

  • Mais aussi…

Réduire la liste des favoris à cinq n’est pas une tâche facile cette année tant le concours semble ouvert. Des surprises sont à prévoir. La Suède, plébiscitée par les bookmakers, pourrait remporter son deuxième Eurovision d’affilée avec son Justin Bieber local. L’Italie est toujours à prendre au sérieux et elle ne déroge pas à la règle cette année avec sa star Francesca Michielin. A moins que, sur le terrain des ballades, la Pologne ne lui vole la vedette… Si les votants privilégient l’originalité musicale, alors l’Arménie et la Lettonie ont leurs chances avec des morceaux moins consensuels.