«Je finis par oublier que c'est moi qui joue»

INTERVIEW Philippe Caubère, auteur et comédien, termine sa saga «L'homme qui danse» au théâtre de Rond-Point, à Paris...

Recueilli par Caroline Vié

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Philippe Caubère s'installe vendredi dans la grande salle du Théâtre du Rond-Point à Paris avec six épisodes écrits de sa "comédie fantastique" qu'il concocte depuis 1980 et qu'il a réunis sous le titre "L'homme qui danse ou la vraie danse du diable".
Philippe Caubère s'installe vendredi dans la grande salle du Théâtre du Rond-Point à Paris avec six épisodes écrits de sa "comédie fantastique" qu'il concocte depuis 1980 et qu'il a réunis sous le titre "L'homme qui danse ou la vraie danse du diable". — Dominique Faget AFP/Archives

Philippe Caubère
Auteur, comédien.

Il termine sa saga «L'homme qui danse» au théâtre de Rond-Point, à Paris...

Que ressentez-vous au moment de présenter cet épilogue?

Une forme de délivrance et la surprise d'être parvenu à donner vie à une aventure qui a duré vingt-cinq ans. Ces deux derniers spectacles, qui composent L'épilogue à L'homme qui danse, sont très différents des précédents. Ils marquent la fin d'une époque, la jeunesse, ils sont plus tristes et beaucoup plus courts que les précédents : ils ne durent que deux heures chacun.

Comment votre entourage, que vous malmenez sur scène, prend-il la plaisanterie?

Décrire avec humour des gens qu'on connaît passe forcément par une forme de caricature. C'est ce que faisait Molière avant moi. Que certains soient blessés, je peux le comprendre, mais j'estime qu'il est de mon droit, voire de mon devoir, de ne pas en tenir compte.

Revoyez-vous vos spectacles ?

Je les décortique quand je prépare les sorties DVD, mais il m'arrive aussi de les regarder en vidéo avec des gens qui ne les connaissent pas. Je m'amuse comme un petit fou. Je m'esclaffe d'autant plus que je finis par oublier que c'est moi qui joue.

Qu'allez-vous faire après L'épilogue?

J'ai du travail jusqu'à l'été entre la tournée et le montage des DVD des spectacles. Après, je crois que je penserai surtout à des vacances. Puis, je travaillerais bien avec de jeunes comédiens, ou j'essaierais d'écrire une pièce pour plusieurs acteurs, ce que je ne suis jamais parvenu à faire jusqu'à maintenant.

Et le cinéma?

C'est une vraie frustration, mais on ne peut pas tout faire... ni avoir toutes les filles du monde ! On me propose des choses, mais je n'ai pas le temps. Pourtant, j'ai adoré travailler sur Truands, de Frédéric Schoendoerffer. Je peux me montrer très docile quand je suis dirigé vous savez...

Vous prenez toujours autant de plaisir à jouer?

Bien sûr, même si je suis toujours impitoyable avec moi-même.