Etsy, une deuxième vie après le travail

CRéATION Les trois quarts des vendeurs de la plate-forme cumulent cette activité avec un emploi salarié...

Coralie Lemke

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Les vendeurs qui ont un travail se dégagent du temps matin ou soir pour créer leurs produits.
Les vendeurs qui ont un travail se dégagent du temps matin ou soir pour créer leurs produits. — COUTUREDEBUTANT/INSTAGRAM

Etsy avait créé une vague d’enthousiasme au moment de son lancement en 2005. A l’époque, on fantasmait sur tous ces gens qui allaient abandonner leur travail pour se lancer à fond dans leur boutique internet. La réalité est tout autre. Seuls 23 % des vendeurs français se concentrent à plein temps sur leur boutique selon l’étude Le nouveau visage de l’entreprenariat actif publié par Etsy en 2015. Et seuls 48 % des vendeurs estiment que leur boutique est rentable. Aujourd’hui, Etsy reste donc un hobby. Même si cette activité a un impact beaucoup sur la vie quotidienne des créateurs.

Elia est gérante de magasins. Mais ce qui lui plait vraiment, ce sont les perles. Couturière et bricoleuse depuis son enfance, elle s’est rendu compte de toute la créativité inexploitée qui sommeillait en elle quand elle a ouvert sa boutique de bijoux. « Au début, je travaillais dessus le soir et je me laissais porter par mon imagination. Je ne voyais pas l’heure. C’est mon compagnon qui venait me voir, à quatre heures du matin, pour me dire d’aller au lit », sourit la quinquagénaire. Elle a désormais décidé de se lever plus tôt afin de voir si ce rythme lui convient mieux.

« Je ne pense plus à rien, j’oublie tout »

Au moment du lancement de sa boutique, Marion préférait, elle aussi, créer le soir. Assistante d’un directeur d’école maternelle, elle attendait que ses enfants soient couchés pour fabriquer ses bijoux en lanières de cuir. « Quand je crée, je ne pense plus à rien. J’oublie tout », explique cette Rhonalpine de 39 ans. Marion et Elia insistent toutes les deux sur le bien-être et la détente que leur procure cette activité après une rude journée de travail. « Je ne fais ça que depuis deux mois mais je peux déjà dire que je me sens mieux », raconte Elia.

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Quasiment aucun revenu

L’intérêt qu’elles y trouvent est purement personnel. Impossible pour elles de considérer cette activité comme un complément de revenu. « Celles qui se lancent en pensant se faire de l’argent se trompent clairement. On met beaucoup de temps pour créer chaque pièce et vu ce que ça rapporte, mieux vaut le faire par passion. Ou alors il faut beaucoup communiquer », prévient Marion. Depuis le lancement de sa boutique en 2014, elle a perdu son emploi mais poursuit son aventure sur Etsy « pour s’occuper ».

Et le hobby se transforme vite en défi quotidien. « Au travail, je donne chaque jour des challenges à mes vendeuses. Ca, du coup, c’est devenu mon challenge à moi », confie Elia. Elle a réalisé plus d’une dizaine de ventes dans son entourage depuis l’ouverture de sa boutique en février. Son but est de réussir à multiplier les ventes dans les semaines à venir. Un pari osé quand on sait qu’en tout, plus de 800 000 boutiques sont actives sur Etsy selon son fondateur Robert Kalin.