Un fan attaque Kanye West en justice pour une fausse promesse sur Twitter

MUSIQUE Le rappeur avait affirmé sur le réseau social que son album ne serait jamais diffusé ailleurs que sur le service de streaming Tidal…

M.C.

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Kanye West à Los Angeles en février 2016
Kanye West à Los Angeles en février 2016 — CALPIX/SIPA

Que valent les promesses faites sur Twitter ? Avant une éventuelle apparition de cette question au bac de philo, c’est la justice américaine, saisie par un fan de Kanye West, qui sera chargée d’y répondre.

La cause de la colère de Justin Baker-Rhett, qui a saisi le tribunal fédéral de San Francisco en nom collectif ? Un tweet du rappeur daté du 16 février, dans lequel il promettait que son nouvel album The Life of Pablo ne serait jamais disponible ailleurs que sur Tidal, le site de streaming musical payant racheté par Jay-Z l’an dernier, qui compte… Kanye West parmi ses actionnaires :

« Mon album ne sera jamais jamais jamais sur Apple, et il ne sera jamais en vente. Vous pouvez l’avoir uniquement sur Tidal. »

La « promesse », retweetée plus de 36.000 fois, n’est pas passée inaperçue. Ni la déception quelques semaines plus tard, quand tout le monde a vu fleurir les dernières chansons de Kanye sur Apple Music, Spotify ou sur le site de l’artiste.

« Coup marketing trompeur »

Se sentant floué, Justin Baker-Rhett, qui s’est abonné à Tidal (l’abonnement coûte 9,99 dollars par mois) estime à présent que par son « coup marketing trompeur », Kanye West a « frauduleusement incité des millions de consommateurs américains à payer pour sauver Tidal ». La plate-forme a en effet largement bénéficié du lancement de l’album diffusé 250 millions de fois les dix premiers jours, dépassant ainsi le cap des trois millions d’abonnés.

Dans les faits, les utilisateurs peuvent essayer le service gratuitement pendant un mois, mais ils doivent pour ça fournir leur numéro de carte bancaire et d’autres informations personnelles. Le texte de la plainte dénonce ainsi « une promesse d’exclusivité » qui a eu « un grave impact sur la vie privée des consommateurs », chiffrant les informations obtenues par Tidal à « 84 millions de dollars ». Le plaignant en réclame 5 millions.