Mort de Prince: Il n'était pas sur Internet, mais l'aimait bien quand même

MUSIQUE Dans une volonté de contrôle totale de sa musique, Prince avait quasiment disparu du Web, sans pour autant qu’il soit un anti-Internet…

V. J.

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Disparition de Prince: «le funk est mort».
Disparition de Prince: «le funk est mort». — Agnès Coudurier, Benjamin Bouly, Kevin Te, Laurence de Suremain AFPTV

C’est le casse-tête des journalistes, et la frustration des internautes, depuis l’annonce de sa mort jeudi soir. Vous pouvez chercher, vous ne trouverez que de rares reliquats de la musique du Prince sur le Web. Dans une volonté de contrôle total de ses droits, le chanteur avait demandé à l’été 2015 le retrait immédiat de ses chansons des plates-formes de streaming Spotify et Deezer. Il s’était même justifié sur Twitter : « En vérité, le streaming a offert aux labels la possibilité de doubler leurs bénéfices en réduisant ce qui revenait aux artistes. »

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« L’Internet est fini »

Le compte officiel @prince est d’ailleurs l’une des dernières traces de la légende sur Internet, puisqu’il a pris la peine entre 2014 et 2015 de fermer son compte Twitter perso (@3rdEyeGirl), sa page Facebook et sa chaîne YouTube. Très difficile ainsi aujourd’hui de revoir, qui plus est en bonne qualité, les clips mythiques de When doves cry, Purple Rain ou Kiss.

Déjà en 2010, Prince refusait que son nouvel album, 20TEN, sorte en dématérialisé sur iTunes. « L’Internet est fini. Je ne vois pas pourquoi je devrais donner ma musique à Apple ou n’importe qui d’autre, expliquait-il au Daily Mirror. Ils ne veulent pas me payer d’avance, et ils s’énervent quand je leur refuse l’accès. » Il avait clarifié ensuite sa pensée au Guardian : « Ce que je voulais dire, c’est qu’Internet est fini pour ceux qui veulent être payés. Et j’avais raison. »

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Un avant-gardiste

Mais Prince n’était pas un anti-Internet, on peut même dire qu’il était un avant-gardiste. Dès 1995, il avait senti la révolution en marche, et en 1997, l’album Crystal Ball était initialement disponible uniquement en précommande par téléphone et par Internet. Puis vient le site NPG Music Club, son abonnement annuel à 100$ et ses 400.000 membres. Aujourd’hui, la discographie de Prince n’est que sur Tidal, le service « par les artistes pour les artistes », créé par Jay-Z. Son dernier et double album HITnRUN y était sorti en exclusivité fin 2015.