Pourquoi Marceau était-il mime?

CULTURE Le plus célèbre des mimes est mort. Retour sur les quatre éléments-clés de son parcours...

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Né le 22 mars 1923 à Strasbourg, engagé dans la Résistance en 1944, Marcel Marceau, une fois démobilisé, s'oriente d'abord vers la carrière de peintre et d'émailleur et suit les cours de l'Ecole des Arts décoratifs de Limoges. Mais passionné par le théâtre, il devient l'élève de Charles Dullin, débute sur scène dans "Volpone", au théâtre Sarah Bernhardt, avant de trouver sa voie chez le mime Etienne Decroux.
Né le 22 mars 1923 à Strasbourg, engagé dans la Résistance en 1944, Marcel Marceau, une fois démobilisé, s'oriente d'abord vers la carrière de peintre et d'émailleur et suit les cours de l'Ecole des Arts décoratifs de Limoges. Mais passionné par le théâtre, il devient l'élève de Charles Dullin, débute sur scène dans "Volpone", au théâtre Sarah Bernhardt, avant de trouver sa voie chez le mime Etienne Decroux. — Johannes Eisele AFP/DDP/Archives

Marcel Marceau, le plus célèbre des mimes, est mort ce 22 septembre. Retour sur les quatre éléments-clés de son parcours...

1. Un passé marqué au fer rouge
Marcel Mangel, né à Strasbourg en 1923, alors que l'Alsace était redevenue française, disait «détester» les fanatismes. Traqué par la Gestapo, il est entré dans la Résistance à 20 ans, peu avant que son père , boucher d'origine polonoise, soit déporté en 1944 à Auschwitz. Son nom, Marceau, il raconte l'avoir «pris dans la Résistance à cause du vers de Hugo: Hoche sur l'Adige, Marceau sur le Rhin.J'étais né dans le Bas-Rhin et je voulais bouter les Allemands hors de France», confie-t-il au «Monde». En souvenir de son passé, le nom Marceau est resté.

2. Les doubles de Marcel
Comme Alain Delon, il parlait de lui à la troisième personne. Enfin, pas de lui, mais du «mime Marceau», un «mime-né» comme disaient ses admirateurs. Le seul à avoir pu faire le pont entre Deburau, un autre mime français, la Commedia dell'arte, Charlie Chaplin – le Dieu de Marceau – Buster Keaton et le duo Laurel et Hardy.

3. La jeunesse pour l'éternité
Jusqu'au bout, le mime Marceau aura été plongé dans l'imaginaire enfantin. Même âgé, il était resté mince et grâcile, dansant sur la scène, grimaçant à qui mieux-mieux, masqué derrière son maquillage de clown bonhomme qui fait rire l'assistance.

4. Un jeu conventionné
La force du mime Marceau, c'est d'avoir instauré des conventions à son art.
S'il fait un tour sur lui-même, par exemple, cela veut dire qu'il change de personnage. S'il pose un objet imaginaire sur une table elle aussi imaginaire, ce n'est pas pour l'oublier. L'objet reviendra. Car chaque détail compte, et le public doit y faire attention.
Pour enseigner son travail de chaque instant, Marceau avait pu ouvrir, en 1978, sa propre école de mime à Paris. Il y recevait des élèves du monde entier, la frontière de la langue n'existant pas en matière de mime.