Autriche: Un tableau volé par les nazis réapparaît à l'occasion d'une vente aux enchères

SOCIETE Du coup, la bataille juridique fait rage entre les héritiers du propriétaire de l'œuvre et la maison de vente autrichienne...

20 Minutes avec agence

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illustration: une vente aux enchères.
illustration: une vente aux enchères. — MARTIN BUREAU / AFP

Un tableau du 17e siècle volé en 1943 par le service de confiscation des biens juifs de l’Allemagne nazie est réapparu en Autriche, où il sera vendu aux enchères demain, mardi. L’œuvre peinte par l’artiste flamand Bartholomeus van der Helst en 1647 faisait partie des 333 pièces de la collection d’Adolphe Schloss, composée de nombreux chef-d’œuvre qu’Hitler et d’autres dignitaires nazis souhaitaient s’accaparer et exposer dans un musée à Linz.

La petite huile, un portrait d’un personnage barbu et moustachu, était considérée par les spécialistes comme définitivement perdue, avec 165 autres œuvres ayant appartenu à Adolphe Schloss.

Vendue en 2004 à un acheteur de « bonne foi »

La mise en vente à Vienne du tableau à l’histoire si particulière soulève de nombreuses questions. En effet, comme l’a relevé l’Obs, la maison de vente Im Kinsky ne cache rien de l’origine de l’œuvre et indique dans le catalogue des enchères qu’elle a été vendue en 2004 par un marchand autrichien à un acheteur de « bonne foi ».

Or « en 2004, on ne peut pas être de bonne foi. Cette œuvre figure au moins dans trois bases de données qui mentionnent sa spoliation », s’insurge Antoine Comte, l’avocat d’une des héritières de la collection Schloss.

La maison de vente a proposé une compensation financière

Puisque « la détention même provisoire d’une toile spoliée constitue en droit européen un recel qui est une infraction pénale dont se rendent coupables les personnes qui détiennent des objets volés », Antoine Comte a demandé jeudi à Im Kinsky de renoncer à vendre le tableau et de le rendre à ceux qui en ont hérité.

L’avocat a par ailleurs expliqué avoir refusé une offre de compensation financière de la maison de vente qui, elle, estime totalement légale la vente du tableau, droit autrichien à l’appui.

Le ministère français de la Culture a, quant a lui, officiellement prié Im Kinsky de retirer l’œuvre flamande de la vente de mardi dans le but de continuer les négociations avec les héritiers Schloss. Entre temps, la page réservée au tableau de Bartholomeus van der Helst sur le catalogue en ligne de la vente est devenue indisponible.