Alix de Saint-André au bord de la folie à cause du baclofène

LIVRE L’écrivaine raconte dans un nouveau livre la psychose médicamenteuse dont elle a souffert, générée par son utilisation du baclofène, habituellement employé contre l’alcoolisme...

C. L.

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Alix de Saint-André le 7 mars 2013.
Alix de Saint-André le 7 mars 2013. — BALTEL/SIPA

Perdre la tête pour avoir voulu arrêter de fumer ? Alix de Saint-André en a fait l’amère expérience et le raconte dans Angoisse de la page folle, sorti le 8 avril 2016.

En 2008, l’écrivaine décide d’arrêter le tabac, dans sa maison au bord de la Loire où elle se réfugie habituellement pour écrire. Avec trois paquets par jour, elle accepte de servir de cobaye pour vérifier la théorie du docteur Ameisen, anciennement alcoolique et aujourd’hui décédé. Le médecin était persuadé que le baclofène, relaxant musculaire originellement utilisé contre la sclérose en plaques et popularisé comme traitement contre l’alcoolisme, permettrait d’anéantir toutes formes d’addiction, avec une forte dose. A partir de ce jour, l’auteure prend scrupuleusement des notes sur tous les dosages, les sensations et les hallucinations.

« On t’a donné une saloperie. »

L’ex-chroniqueuse de Nulle part ailleurs ne fait pas immédiatement le lien entre ses visions et la prise du médicament. Auprès de L’Obs (2), elle se remémore les déclarations de son entourage qui y voit l’expression de problèmes familiaux enfouis. C’est sa mère qui lui fait prendre conscience de la cause du problème : « On t’a donné une saloperie. » Mais pour elle, la vie est plus facile sous baclofène. Boustée par les effets excitants du médicament, elle gratte abondamment le papier et s’adresse à des interlocuteurs mystiques. Obsédée par les anges, elle en oublie alors de manger et dormir, et leur construit des autels où elle manque plusieurs fois de mettre le feu.

Quelques mois plus tard, au gré de ses recherches sur sa confusion mentale, l’auteure tombera sur un rapport d’un institut médical de New Delhi, faisant état des effets secondaires dont elle a été victime, soit d’une « psychose induite par la prise de baclofène », oubliée des notices.

Un traitement pire que la psychose elle-même

Son amie Yoda, qui l’a suivie dans son repaire, comprend qu’elle doit arrêter le traitement et rentrer à Paris. Elle est alors admise dans une maison de repos à Meudon où on fait l’erreur de lui prescrire une association dangereuse de neuroleptiques, anxiolytique, somnifère et antiépileptique pour contrer les effets des neuroleptiques – paralysie musculaire, tremblements, troubles de la vision. Epuisée par les effets secondaires, elle finit par fuir le 15 décembre 2008. La convalescence a été longue. « Je dois réapprendre à manger, à dormir, à pisser, à chier. Je n’en ai jamais envie même quand j’en ai besoin. Tout est bloqué. » Il ne lui reste plus qu’à retrouver le sommeil, pas totalement remis de cet épisode psychotique.

L’Angoisse de la page folle, Alix de Saint-André, 312 p., 21,50 euros.