Les conseils pour devenir un super maker

PROJETS Difficile pour les porteurs de projet de se faire une idée du travail à accomplir pour commercialiser son produit…

Lucie Bras

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Une des makeuses de la première Maker Faire de Paris en 2014.
Une des makeuses de la première Maker Faire de Paris en 2014. — PhOtOnQuAnTiQuE/Flickr

Brosse de toilettes connectée ou télévision conique, on a tous une idée géniale qui ne demande qu’à devenir réalité. Vous avez la base pour être un maker (une sorte de super inventeur 2.0), il ne manquait plus que des exemples à suivre.

L’une des success story du milieu, c’est Lunii. Créé par Maëlle Chassard, 26 ans, l’objet ressemble à une petite radio qui permet aux enfants de choisir les histoires qu’ils veulent écouter. Une initiative 100 % dans l’esprit maker. Financée en 2014 par une campagne de crowdfunding (financement participatif) sur la plateforme Ulule, elle commence à tester son idée avec des prototypes fabriqués au Woma. Dans cet espace de travail collaboratif, des machines rares comme une découpeuse laser ou une imprimante 3D sont mises à disposition du public.

« Le côté maker a eu une énorme importance. On a prototypé pendant des mois, on y a passé des nuits blanches. C’était exaltant ! » Son conseil aux futurs makers ? « Prototyper à fond ! Ça permet de récolter des avis, de changer le produit pour qu’il corresponde au mieux aux utilisateurs. » Ce sont plus de 3.000 enfants qui ont testé la version bêta de Lunii afin d’améliorer le produit. « En plus, ça crée une communauté dès le début. 30 % des familles qui ont testé le produit ont aussi participé au crowdfunding du projet. » Avec déjà 700 demandes, leur carnet de commandes est déjà bien garni.

Autre maker, autre concept. Pierre Gochgarian est à l’origine du produit Prizm, une belle enceinte en forme de pyramide à trois faces. A l’intérieur un algorithme qui programme la musique diffusée en fonction des personnes présentes et connectées dessus dans la pièce. Aujourd’hui dans leur start-up, ils sont 11 salariés en CDI.

De l’audace !

Au début du projet, il a directement commencé à se créer un réseau autour de lui et de son idée. Pour lui, l’une des clés de la réussite d’un projet. « L’une des premières choses que j’ai faites, c’est de participer à des meet-up, des conférences. J’ai échangé, écouté les autres parler. » Il a aussi confronté son idée à la critique des autres participants. « Ça m’a permis de la faire challenger. Il ne faut surtout pas avoir peur de parler de son idée devant un public, de peur qu’on vous la vole. »

Au Carrefour Numérique², à la Cité des sciences à Paris (19e), on accueille volontiers tous ces porteurs de projet pour leur permettre de réaliser un prototype ou simplement échanger des idées. « Rien n’est impossible dans un fablab », déclare Pierre Ricono, chef du département Campus technologique à la Cité des Sciences. Il voit défiler des makers, de ceux qui ont une idée à ceux qui fabriquent déjà leur dixième prototype.

​ « Ce qui compte, c’est d’amorcer. Il faut de l’audace, de l’audace et toujours de l’audace. Récemment, un jeune de 14 ans est venu essayer de faire décoller un drone. Le premier n’a pas bougé, le deuxième a volé en crabe et le troisième a volé ! » Maintenant que vous avez quelques clés pour devenir un vrai maker, votre brosse de toilettes n’a jamais été aussi près de devenir réalité !