Studio+: «Les séries mobiles vont modifier la manière d'écrire les séries»

INTERVIEW Le producteur Gilles Galud, directeur de Studio+, explique pourquoi il croit au succès des séries que sa société diffusera dès septembre sur mobile, via une appli payante...

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Un homme consulte son smartphone dans les rues de New York.
Un homme consulte son smartphone dans les rues de New York. — JEWEL SAMAD / AFP

Les séries phares de demain vivront-elles leur première vie en exclusivité sur smartphone ? Studio + y croit dur comme fer. Si bien que cette société de production audiovisuelle - anciennement nommée La Parisienne d’images avant son rachat en juin 2015 par Vivendi - lancera en septembre vingt-cinq séries visionnables uniquement sur mobiles et tablettes, via une appli payante. Chacune des saisons de ces fictions sera composée de dix épisodes n’excédant pas les dix minutes. Thriller, drame, horreur… il y en aura pour tous les goûts. Gilles Galud, le directeur de Studio +, explique sa stratégie à 20 Minutes.

L’appli que vous développez cible particulièrement les 15-35 ans. Pourquoi ?

C’est un simple constat : 3,5 milliards de personnes utilisent des téléphones mobiles et les jeunes passent plus de temps sur leur mobile que devant la télévision. Le mobile représente 50 % du temps de consommation vidéo des millenials [les personnes nées entre le début des années 1980 et la fin des années 1990]. 60 % d’entre eux regardent au moins une vidéo par jour sur leur smartphone. Par ailleurs, il n’existe pas de contenu premium, de qualité, pour le mobile, mais uniquement des vidéos, sur YouTube ou autres, plus ou moins cheaps. Le début de notre réflexion remonte à début 2015, à l’initiative de Vivendi et Manuel Alduy [directeur de Canal OTT et président de Studio +]. L’idée de lancer une application donnant accès à des séries courtes a fait son chemin très vite.

L’appli sera payante [pour l’heure, le montant est encore « en réflexion »]. Or, les jeunes sont habitués à bénéficier de contenus gratuits. Comment comptez-vous les inciter à mettre la main au porte-monnaie afin d’accéder à ces séries ?

Cela sera le travail des services marketing des opérateurs télécoms qui proposeront le service. On sera distribué dans le monde entier. La qualité de l’application fera la différence. Aujourd’hui, il n’existe pas de contenus payants sur mobile à part la musique. On est convaincu qu’il y a de la place pour les séries.

L’offre sera distribuée dans le monde entier, c’est-à-dire ?

On a une ambition internationale. On commencera par l’Europe et l’Amérique latine. Les séries lancées à l’automne le seront en six langues : français, anglais, espagnol, italien, portugais et russe. On veut offrir des séries locales : en ce moment, il y a des tournages en Argentine, au Brésil, en Colombie, au Mexique, en Islande, en Angleterre, en Espagne, en Russie… Notre objectif est de faire des séries premium addictives. Pour chacune, on dépense entre 800.000 et un million d’euros.

Cela représente un budget conséquent… On aime à dire qu’aujourd’hui les séries télés sont plus créatives que le cinéma. Pensez-vous que demain les séries mobiles supplanteront leurs homologues télévisuelles ?

J’ai envie de le souhaiter. Evidemment, le format de dix épisodes de dix minutes est parfait pour raconter des histoires et pour s’adapter aux modes de vies. On est dans une société où l’on va de plus en plus vite et où l’on a de moins en moins de temps à consacrer à tout ce qui est proposé. Ces séries mobiles augurent d’une nouvelle forme de narration, je pense qu’elles vont modifier la manière d’écrire les séries.