Le do-it-yourself s’invite dans toutes les penderies

DO IT YOURSELF De plus en plus de personnes se mettent à concevoir leurs propres vêtements...

Coralie Lemke

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Le trench wanda est une pièce de difficulté moyenne chez Make my lemonade
Le trench wanda est une pièce de difficulté moyenne chez Make my lemonade — Wearlemonade / Instagram

« C’est moi qui l’ai fait ! » Ah que c’est rageant quand votre copine porte une robe magnifique, et, qui plus est, est unique. La tendance est au do-it-yourself, même pour les vêtements. Un bon moyen pour se démarquer sans acheter des habits hors de prix. Et pour renouer avec un savoir-faire oublié.

« Ma mère, ma grand-mère et sans doute mon arrière-grand-mère savaient coudre. Je suis pile dans une génération qui manque de ‘fait-main’ », explique Viviane, Parisienne de 29 ans, qui s’est récemment mise à coudre ses propres vêtements. Chemises, blouses, jupes, sa garde-robe se renouvelle peu à peu.

Elle trouve ses tissus au marché Saint-Pierre à Paris, un marché réputé pour ses tissus bon marché, internet ou dans la boutique « La mercerie fine ».  « Je ne compte pas combien d’heures je passe sur chaque modèle. Mais c’est très motivant, on a quasiment un produit fini à la fin de la journée », poursuit la jeune femme.

« Le plus dur, c’est de ne pas lâcher l’affaire »

« On commence à vraiment avoir le coup de main après cinq ou six pièces », raconte Laure Goussain, responsable des patrons chez Make my lemonade. A chaque saison, la marque propose trois nouveaux patrons à l’achat. De la robe de niveau « doigts dans le nez » à la salopette « je suis hyper motivée »,  trois niveaux de difficulté existent. Pour les pièces simples, une débutante peut tabler sur trois demi-journées de couture.

« Le plus dur, c’est de ne pas lâcher l’affaire », se souvient Estelle, étudiante en commerce et originaire des Yvelines. Après avoir chiné un patron qui lui plaisait sur Instagram et Pinterest, il lui a fallu 10 à 12 heures de travail pour confectionner un polo bleu marine. « Ensuite, il y a des choses qui sont bien plus difficiles, comme coudre des biais, des poches passepoilées ou des zips », poursuit Viviane.

Se prouver qu’on peut y arriver

Peu importe le niveau de la couturière, chaque nouvelle pièce terminée est une vraie fierté. « Quand les gens pensent que j’ai acheté ça en magasin, je me dis que c’est qu’il n’est pas trop mal cousu. Mais au fond j’ai envie de crier ‘regardez, c’est moi qui l’ai fait !’ », plaisante Viviane. Pour Estelle, c’est une véritable façon de se démarquer. Non seulement parce que le vêtement est unique mais aussi pour l’effort qui a été fourni. 

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« Clairement, tu te sens supérieur parce que t’y as sué sang et eau », affirme-t-elle. « En plus, ce n’est pas nécessairement moins cher que de s’habiller dans les magasins traditionnels. C’est plus un truc de bobo qui veut se prouver quelque-chose. »

Un héritage familial

L’acte de coudre permet surtout de donner une histoire originale et de redonner sens au vêtement. « Nous avons sorti un modèle de robe de mariée qui a très bien marché. Ce sont souvent les mères ou les grand-mères qui la cousent pour la jeune mariée. Du coup, la pièce a une belle histoire qui se construit dans la famille », raconte Laure Goussain de Make my lemonade. 

Même sentiment pour Viviane, qui a cousu une chemise couleur bleu jean avec un motif d’ananas pour son copain. Elle a directement pensé à lui au moment d’acheter le tissu. « Ca lui va super bien. A chaque fois que je le vois la porter, j’ai le sourire aux lèvres. »

Pour son polo bleu marine, Estelle s’est lancée dans l’aventure avec sa mère, déjà aguerrie en couture. « C’était marrant de faire ça avec ma mère et puis sans elle, je me serais démotivée. » L’occasion aussi de partager une activité entre générations.