Ils sont en couple, et pourtant ils ont décidé de partir en vacances en solitaire

Voyage En couple, mariés et parfois parents, ils partent en vacances seuls, sans leur conjoints…

Jeanne Bartoli

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Et vous, seriez-vous prêts à partir en solo sans votre conjoint?
Et vous, seriez-vous prêts à partir en solo sans votre conjoint? — globesurfer.de/Flicker

« Sur les blogs, il commence à y avoir pas mal de posts sur le fait d’être en couple et de voyager seul, c’est vraiment positif ! », se réjouit Adeline Gressin. Cette bloggeuse, spécialisée dans les voyages en solitaire, déplore que « beaucoup d’articles opposent encore le voyage en solo au voyage en couple ». Sur son blog, Adeline Gressin a notamment relayé un post très commenté d’une photographe coréenne. Récemment mariée, Juno Kim a poussé un coup de gueule contre le qu’en-dira-t-on.  « Je suis mariée et je voyage seule. Et tout va bien ! », peut-on lire en titre dudit post, qui énumère les raisons pour lesquelles parcourir le monde seule et sans son mari ne signifie ni être au bord de la rupture, ni être dans une relation libre.

Contrairement à une idée reçue, les couples qui décident de partir seuls pour un break (on parle de repos !) ne battent pas tous de l’aile. En 2012, Luisa est partie 3 semaines seule en vacances à Cuba. « Avec mon copain, on n’avait pas les vacances au même moment. Or, à ce moment là j’avais vraiment besoin de prendre des congés. Du coup je suis partie seule à Cuba et lui en Chine. »

Des envies qui divergent

Fondateur de l’agence de voyage partirseul.com, Nicolas Nahmias reçoit de plus en plus de demandes de personnes en couple qui souhaitent partir seuls. « Pour les gens mariés, en général, il y a souvent une question de goût, les conjoints ne veulent pas toujours faire les mêmes activités en vacances. Je propose par exemple des stages sportifs de plongée ou de voile et parfois l’un des deux ne suit pas », explique le chef d’entreprise. Aujourd’hui, 30% de sa clientèle est composé de personnes mariées.

« Toujours plus de sacrifices, c’est toujours plus de frustration », résume Christopher Guyon. Avec sa compagne de l’époque, ce bloggeur voyages est parti pour un tour du monde de 10 mois. Une expérience qui n’a pas eu que des aspects positifs. « On était trop ensemble. J’étais très sportif et elle non. J’ai eu la sensation qu’on était pas indépendants », confie-t-il, tout en reconnaissant que « tout les couples ne peuvent pas le faire. Pour certaines personnes dépendantes, ça peut-être problématique ». Quand il part seul, le bloggeur privilégie plutôt des « courtes durées » entre 10 et 15 jours.

Les mentalités évoluent petit à petit

Pour le psychiatre Gérard Macqueron, « on commence à voir le début d’une dynamique qui n’existait pas il y a quelques années ». L’auteur de Psychologie de la solitude estime que le fait de garder « un espace pour soi » ne peut être que bénéfique pour un couple. « Ca ne remet pas en cause le lien d’amour, au contraire. Quand on aime quelqu’un, on veut qu’il se réalise. En revenant, le conjoint se sentira encore mieux. C’est un acte d’amour », explique-t-il.

Si l’aventure en solo requiert une sacrée dose de confiance, les grands jaloux(ses) sont nombreux à être aujourd’hui rassurés par le smartphone, jamais très loin des voyageurs. Se connecter depuis le fin fond de la Patagonie à la région parisienne n’a jamais été aussi facile. De quoi calmer les éternels anxieux et chasser les mauvaises idées de ceux qui ne se sentent soudainement plus très surs de leurs choix amoureux...