Sur les réseaux sociaux, les astronautes emmènent les twittos dans l’espace

GALAXIE A 400 kilomètres du sol, ils twittent pour partager leur vie quotidienne…

Lucie Bras

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Un selfie de l'astronaute anglais Tim Peake lors de sa première sortie dans l'espace.
Un selfie de l'astronaute anglais Tim Peake lors de sa première sortie dans l'espace. — Tin Peake/ESA/NASA/SIPA

Un petit tweet pour l’Homme, un grand buzz pour l’humanité ! A bord de la station spatiale internationale (ISS), six astronautes (trois Russes, deux Américains et un Anglais), dont trois twittos : @astro_timpeake, @Astro_Jeff et @astro_tim. En quelques années, le réseau à l’oiseau bleu est devenu leur moyen de communication privilégié pour converser avec la Terre.

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L’astronaute à la guitare

C’est en mai 2009 que le premier tweet traverse la stratosphère pour arriver dans les timelines. L’Américain Mike Massimino envoie un message pour dire qu’il est bien arrivé.

Depuis, d’autres ont pris le relais et se sont même taillé une belle réputation sur Twitter. Comme Chris Hadfield par exemple. Publiée sur Youtube en mai 2013, sa reprise de la chanson Space Oddity de David Bowie, a été vue plus de 31 millions de fois (dont un million par la personne qui écrit ces lignes).

Le public est le 7e membre d’équipage

Des instants qu’ils partagent pendant leur temps libre, après une journée de travail millimétrée. Une communication très surveillée par les agences spatiales, la NASA aux Etats-Unis ou l’Agence spatiale européenne (Esa) sur le vieux continent. Et ça marche : chaque photo envoyée par Tim Peake depuis l’ISS est retweetée par plusieurs milliers de personnes. « Dans l’ISS, le public est le septième membre de l’équipage », raconte Thomas Pesquet, l’un des prochains astronautes à rallier la station.

Autre objectif, montrer que les astronautes ne sont pas enfermés dans une tour d’ivoire. « Cela prouve que derrière la conquête spatiale, il y a des gens, des hommes et des femmes comme les autres », selon Olivier Sanguy, médiateur scientifique de la Cité de l’espace à Toulouse.

Des blagues contre le blues dans l’espace

Au-delà des stratégies de communication, l’objectif des agences est d’abord de maintenir le moral des troupes, observe Jean Coisne, responsable de la communication des astronautes (Esa). « C’est un soutien psychologique. Quand on voit qu’ils font des blagues, tant mieux ! Ils vivent à six dans une caravane dont ils ne peuvent pas ouvrir la fenêtre », explique-t-il.

En 140 signes, la conquête spatiale montre un nouveau visage : un coucher de soleil, une aurore boréale ou les lumières d’une ville la nuit… Tout prend une saveur particulière à 400 kilomètres du sol et à 28 000 kilomètres par heure.

« Là-haut, tout est différent », s’enthousiasme l’astronaute Thomas Pesquet. « Le petit-déjeuner, les prises de sang que l’on fait soi-même… Même la façon de dormir est différente car on doit avoir un ventilateur branché en permanence au-dessus de nous. »

A 38 ans, le Français décollera pour l’ISS en novembre 2016, pour une durée de six mois. En attendant, entre deux séances de préparation en Allemagne, il s’entraîne en twittant son quotidien.

Un peu pour ses followers, un peu pour ses proches. « Ma mère s’est mise à Twitter. Elle aime bien car elle peut suivre ce que je fais. C’est super pratique », reconnaît Thomas Pesquet.

Une fois là-haut, il compte même apporter son quota d’innovation : des outils pour exploiter de nouveaux formats de communication, comme de la vidéo à 360 degrés par exemple. De quoi passer quelques minutes dans l’ISS depuis votre canapé, comme si vous y étiez !

Un lien encore à sens unique entre les astronautes et leur public car il n’y a pas de 4G dans l’ISS. Avec une connexion internet encore instable, difficile pour les astronautes d’être spontanés et de répondre aux messages reçus. Car les données de la station doivent se synchroniser avec les serveurs terrestres. Une technologie à perfectionner donc, mais qui, selon Jean Coisne, « pourra demain ouvrir la voie au tourisme spatial ».