Pourquoi les prochaines stars du web sont sur Snapchat?

Notifications Encore inconnus du grand public, ils sont déjà célèbres sur le réseau social...

Journaliste afp

— 

Les snapchatteurs Miya Mfumu, Jeremstar et OhPlai.
Les snapchatteurs Miya Mfumu, Jeremstar et OhPlai. — Snapchat

Ils s’appellent Jeremstar, Miya Mfumu, OhPlai, Tylagang et ils cartonnent sur Snapchat. L’application, lancée en 2011 aux Etats-Unis, est en pleine révolution. Débarrassée de son image sulfureuse, elle est plébiscitée par les adolescents et donne même naissance à ses propres stars.

« Au début, je faisais comme tous mes amis, un petit snap en soirée », se rappelle Miya Mfumu. A 23 ans, la « snapchatteuse » jongle entre son emploi de chargée de communication et sa story snapchat. Comme pour beaucoup de ces snapchatteurs stars, le succès lui est tombé dessus un peu par hasard. « Je me suis demandée comment utiliser cette application à bon escient ? Je me suis dit pourquoi ne pas débattre des relations hommes-femmes ? J’ai posté des vidéos sur Snapchat puis sur Facebook. En une nuit, j’ai eu 400 000 vues ! », confie-t-elle, encore surprise par sa « performance ».

Pour Jeremstar, qui se décrit comme « un spécialiste en téléréalité », le décollage a été plus progressif. « Comme tout le monde, j’ai suivi le mouvement et je me suis mis sur Snapchat. C’est monté petit à petit et aujourd’hui j’ai 800 000 vues par jour. »

Ses « stories » déjantées, à base d’interviews de candidats de téléréalité dans sa baignoire et de second degré font un carton. « Mes stories sont devenues des téléréalités du quotidien, mes stats font plus de vues qu’un épisode des Anges de la téléréalité ! »

« Les gens ont l’impression de vivre avec nous »

Avec plus de 200 millions d’utilisateurs dans le monde, l’application a su tirer son épingle du jeu face à Facebook, Youtube ou Vine. Réseau social préféré des 11-14 ans selon une enquête de l’association Génération numérique, c’est également la deuxième application la plus utilisée par les 15-24 ans.

Si l’immédiateté et le principe des vidéos éphémères ont souvent été mis en avant pour expliquer son succès, c’est surtout la proximité qui a conquis ses utilisateurs. « Snapchat, c’est une manière de faire du Youtube sans travailler, sans trop de contraintes. Et puis on est très proches de notre public. Les gens ont l’impression de vivre avec nous », explique Jeremstar, également détenteur d’une chaine Youtube et de deux sites internet, des activités qui l’occupent aujourd’hui à plein temps.

« Snapchat permet un mélange entre journal intime et sketch », analyse Laurence Allard, maître de conférences en sciences de la communication à Institut de recherche sur le cinéma et l'audiovisuel (Ircav) de Paris 3. « C’est une application qui passe par la reconnaissance entre pairs. Aujourd’hui, un petit talent lié à votre personnalité peut faire de vous un snapchateur célèbre », explique la chercheuse, auteure de Mythologie du portable.  

Un espace d’expression libre et positif

« Quand on vous ajoute sur Snapchat, c’est qu’on vous aime bien. Ce n’est pas comme Twitter où il y a trop de haineux », explique Miya Mfumu. Cette notion d’expression libre et positive est une des forces du réseau social. « On peut y voir abordées les questions d’identité, de communauté, de discrimination. Snapchat est assez égalitaire », explique Laurence Allard.

Il y a encore un mois, OhPlai était un illustre inconnu. Sa vidéo de son passage en garde à vue l'a propulsé sur le devant de la scène.

Depuis, plus de 100 000 personnes suivent sa story. Le Grignois aurait même été approché par une chaîne de télévision. 

Devenir pro

A l’instar des Youtubeurs, ces vedettes de Snapchat se professionnalisent petit à petit. Désormais accompagnée par un manager, Miya Mfumu ne cache pas ses ambitions : « Pourquoi pas tourner dans des courts métrages, ou dans des films ! ». La Snapchatteuse a déjà signé des partenariats avec des petites marques qui « l'habillent gratuitement ». Samedi 19 mars, elle a également présenté l’élection de Miss Bambara à l’espace Pierre Cardin à Paris.  

De son côté Jeremstar gagne sa vie grâce à ses sketches et doit sortir son livre (Téléréalité : le manuel pour percer) le 4 mai prochain. Que peut-on lui souhaiter pour l’avenir ? « Devenir chroniqueur chez Cyril Hanouna ! » Le message est passé.