Paris Music Festival, un événement pour les fédérer tous

FESTIVAL Pour sa première édition, le Paris Music Festival organise des concerts dans des lieux parisiens inattendus…

Benjamin Chapon

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Le groupe Sparky in the Clouds est à l'affiche du premier Paris Music Festival
Le groupe Sparky in the Clouds est à l'affiche du premier Paris Music Festival — Paris Music Festival

« On a eu le Go de la Mairie de Paris fin octobre et puis trois semaines plus tard, il y a eu les attentats. » Le Paris Music Festival, tout nouvel événement musical, a bien failli être une autre victime des assassins du 13 novembre 2015. David Godevais, coprésident du Disquaire Day, événement mondial qui a particulièrement bien pris en France, a finalement réussi son pari de lancer ce nouveau festival parisien dont la première édition se tient du 17 au 19 mars 2016. Si plusieurs salles de concert parisiennes participent, c’est bien la présence à l’affiche de lieux méconnus du grand public qui attire l’œil. Plusieurs concerts ont ainsi lieu dans des musées de la ville de Paris : musée Cognacq-Jay, musée Carnavalet, Petit Palais… Il y a aura même un concert dans la crypte archéologique sous Notre-Dame.

« Le principe, c’est que les formations s’adaptent aux lieux, explique David Godevais. Le scénario du festival consiste à amener les artistes à travailler de manière un peu différente. Le festival appartient entièrement à ceux qui y participent. Nous, on a fourni les lieux, libre aux artistes et producteurs d’y imaginer des spectacles. J’ai aussi dit aux lieux de s’approprier le festival. » Plusieurs salles de jazz bien connues des Parisiens, (Sunset, Sunside, Baiser Salé, Duc des Lombards…) et autres lieux à jauge réduite (Bouel Noire, Le Triton…) participent au festival.

« Il y a aura également des showcases chez des disquaires, annonce David Godevais. Ce festival, c’est Paris qui fait une proposition musicale. Ses salles de concerts, ses musées et bien sûr ses disquaires. Paris n’est malheureusement pas souvent cité parmi les places fortes mondiales de la musique. Mais on est en train de retrouver une place. »

Mobiliser tout Paris

Pour ce qui est des artistes, peu de noms très connus mais plutôt des musiciens aux styles variés ayant pour point commun de brouiller les pistes. « On voulait tous les styles mais certains musiciens classiques par exemple sont difficiles à programmer dans un temps court. L’an prochain, il y aura sans doute plus, on aura des concerts de musique contemporaine. »

De Jacinthe à Chapelier Fou, de Maxence Cyrin à Bachar Mar-Khalifé, les propositions musicales sont pléthoriques. « Je voudrais que les gens s’autorisent plus de découvertes, espère David Godevais. On sent une tendance vers ça. Le festival essaye d’y répondre en multipliant les portes d’entrées vers la musique. On a un tarif unique à 10 euros, des concerts dans des lieux insolites, des concerts à l’heure du déjeuner… »

Déjà au travail pour l’édition 2017, l’équipe du Paris Music Festival imagine une édition « encore plus ambitieuse. On n’a pas eu le Louvre faute de temps, on va aussi travailler avec l’Ircam et plein d’autres grandes salles. Nous, c’est simple, on veut mobiliser tout Paris. Travailler avec les musées, ce n’est pas toujours simple, on est dans deux mondes différents. Mais on se découvre. Eux aussi ont souffert des conséquences du 13 novembre. Eux aussi veulent qu’on pense Culture quand on pense Paris. »