Sans alcool, le chanteur Renaud confie qu'il «se porte à merveille»

MUSIQUE Dans une interview exclusive au magazine « Télérama », le chanteur Renaud confie avoir fait table rase du passé, et ne plus toucher à l’alcool depuis six mois…

C.W.

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Le chanteur Renaud à Paris en janvier 2016.
Le chanteur Renaud à Paris en janvier 2016. — Francois Mori/AP/SIPA

Renaud va beaucoup mieux. A quelques semaines de la sortie de son nouvel album au printemps, le chanteur semble avoir remonté la pente, et n’hésite plus à se livrer sur ses dernières années douloureuses. Dans une interview accordée au magazine Télérama qui paraîtra mercredi 16 mars, Renaud a notamment confié que depuis qu’il ne touchait plus à l’alcool, il se portait à merveille.

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Plus d’alcool, « même dans un Mon Chéri »

Pendant des années, il s’est battu avec l’alcoolisme et a essayé à plusieurs reprises de combattre cette maladie. Et cette fois-ci, c’est un artiste qui lui a redonné le goût de vivre. « Il y a encore un an, je ne pensais pas revenir », avoue Renaud à Télérama. "Jusqu’à ce que Grand Corps Malade, que je connaissais déjà un peu, vienne me voir ici, et me propose de participer à son album collectif, Il nous restera ça. Chaque auteur devait y faire un texte, en y intégrant cette phrase, "il nous restera ça" J’ai écrit Ta batterie, en pensant à mon fils Malone, et ça m’a redonné le goût de l’écriture.

Mais pour cela, le chanteur a dû combattre ses vieux démons. «J’étais incapable de chanter. Plus de voix. Je suis allé dans une clinique pendant deux semaines pour un bilan complet. Il n’y a que le cœur qui était en danger. Ils m’ont mis sous perfusion et tout est rentré dans l’ordre. Puis j’ai vu un addictologue pour l’alcool et je me suis arrêté tout seul, du jour au lendemain. Le 21 mars, cela fera exactement six mois que je n’ai pas bu une goutte. Même dans un Mon Chéri. Et je m’en porte à merveille », reconnaît Renaud.

« Un coup de poignard dans ma jeunesse »

S’il évoque son enfance et sa renaissance, Renaud se livre également sur le temps qui passe, telle une douleur permanente : « Je ne me suis jamais remis de mon enfance envolée. Les gens célèbrent leur anniversaire joyeusement avec un gâteau, des bougies, des textos… Pour moi, chaque année qui passe est un coup de poignard dans ma jeunesse, un pas de plus vers la mort ».

Et même la naissance de ses enfants n’a pas su calmer ses angoisses. « Dans les années 1980, j’ai eu le bonheur de voir naître ma fille, mais en la regardant grandir, je me suis vu vieillir », explique-t-il. « La période a coïncidé avec mes premières grosses déceptions politiques ; et la perte d’amis, comme Coluche. Petit à petit, je me suis enfoncé. Dépression, alcool, hypocondrie, paranoïa. »

Des années de détresse et de dépendance que Renaud semble désormais prêt à quitter. « Mon retour actuel, après de nouvelles années de dépression, est assez semblable à celui de 2002. Sauf que cette fois, je ne repiquerai pas », estime-t-il. « Il y a eu Renaud le Renard, maintenant il y a Renaud le phénix. Le Renard est derrière moi, je ne veux plus jamais le revoir. » On ne lui en souhaite pas moins.