On a fait le tour du monde de General Elektriks, le musicien qui cartonne avec «To Be A Stranger»

METROPOLIS Hervé Salters retrace son parcours à travers 5 villes qui l’ont marqué…

Constance Daulon

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Herve Salters va commencer une tournée de plusieurs mois cette année.
Herve Salters va commencer une tournée de plusieurs mois cette année. — Tim Deussen

To be a stranger est le nom de son dernier album, sorti le 29 janvier. Né à Paris, ce quadra franco-britannique est l’homme derrière le carton de Raid the radio . De son vrai nom, Hervé Salters, il a vécu à Londres, San Francisco et s’est installé récemment à Berlin. A travers cinq villes, le féru de claviers revient sur son parcours composé notamment de quatre albums et maintes collaborations internationales.

Paris

« C’est là que je suis né et que j’ai commencé la musique. Même si après le lycée, je savais que je voulais en faire mon métier mais je n’avais pas encore assez de courage. J’ai commencé le piano à 8 ans. Deux ans plus tard, j’ai découvert le jazz et le boogie-woogie qui m’ont beaucoup plu. Côté école, j’ai fait une licence de droit international. Mais Paris représente surtout pour moi mes débuts professionnels. C’est une plaque-tournante de la musique où il y a une véritable ouverture sur le monde. On peut y écouter tous les styles, c’est une super ville pour débuter. A 20 ans, j’ai commencé à jouer avec Vercoquin. Avec ce groupe, j’ai commencé à mélanger les genres. C’était de la pop-funk-chanson ! J’y ai aussi appris la prestation scénique et à partager avec le public. »

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Londres

« Arrivé à l’âge de 13 ans, j’ai commencé à jouer avec des groupes à Londres ce qui m’a permis de parfaire ma formation. Je me souviens d’un soir à Clapham Junction où on passait pour une fête du lycée assez mémorable. On était jeunes, mais on avait envoyé des maquettes à Virgin, entre autres. Les Anglais nous ont envoyé une lettre de refus mais très poliment. J’étais dévasté ! »

San Francisco

« Nous avons découvert cette ville avec ma femme en vacances et nous en sommes tombés amoureux. Elle a trouvé un travail, on pensait y rester deux ou trois ans et au final, on y a vécu douze ans… On s’est installés là-bas après avoir eu une mauvaise expérience entre Vercoquin et une major. C’était un échec pour moi qui m’a laissé amer. J’avais donc envie de monter un autre projet sans me soucier des autres et être indépendant financièrement.

A l’époque, je ne connaissais pas la musique par ordinateur et je n’avais pas pensé au solo. J’ai rencontré les membres de Quannum projects, un collectif de hip-hop. Ils sont devenus ma famille d’accueil. Je ne connaissais pas très bien ce style et ils m’ont introduit. Ca m’a tellement passionné que j’en ai intégré dans premier album, Cliquety Kliqk. C’était très populaire là-bas, j’aimais cette liberté car il n’y avait aucune règles à respecter. Ca m’a fait un bien fou, je n’aurais jamais osé me lancer si je n’étais pas allé à San Francisco.

La première tournée a été un peu violente, je n’étais pas sûr de repartir ensuite mais après les concerts passés avec le groupe Honeycut, j’ai eu envie de m’y remettre. Ainsi est né Good city for dreamers qui fait clairement référence à San Francisco. Cet album a fait passé un cap à General Elektriks, notamment avec la popularité de Raid the radio et Parker Street Parker Street

Berlin

« Nous voulions revenir en Europe car San Francisco était devenue une ville de privilégiés. Une fois de plus, on a eu un coup de cœur. La qualité de vie, la place dans les rues, les parcs et la bienveillance pour les enfants nous ont convaincus (il a deux enfants, ndlr). Il y a une vraie émulation créative à Berlin. Le seul inconvénient est la langue même si j’ai pris des cours. C’est plus un coup de cœur pour la ville que musical comme pour San Francisco. C’est rafraîchissant et farfelu. »

Sao Paulo

« J’ai joué quatre fois au Brésil à Rio et à Sao Paulo. Ma première venue s’est déroulée avec le chanteur Femi Kuti que j’accompagnais aux claviers. Lors de ma première visite à Sao Paulo, j’étais seul et c’était rapide mais je sentais qu’il y avait quelque chose de fascinant. Quand j’y suis retourné pour General Elektriks, j’ai eu le temps de me balader. Il y avait un côté incongru dans ce mélange de jungle et de bâtiments. C’est tropical et urbain, sans oublier l’aspect visuel de cette mégapole avec les gratte-ciel croisant la nature. J’y ai aussi découvert une autre famille d’accueil qui m’a fait découvrir le côté underground de Sao Paulo. »

En festival le 3 avril au festival Chorus, le 15 avril au Printemps de Bourges, le 16 avril au festival Mythos à Rennes, le 4 juin à Europavox à Clermont-Ferrand, le 24 juin aux Nuits Carrées à Antibes, le 1er juillet au Foin de la rue à Saint Denis de Gastines et le 30 juillet aux Escales de Saint Nazaire.