Prix Charlie Hebdo: «Les jeunes ne savent plus écrire? C'est ce qu'on va voir!»

PRESSE Un an après les attentats du 7 janvier 2015, « Charlie Hebdo » crée son premier prix littéraire, pour lancer un message fort et instaurer un dialogue avec la jeunesse…

V. J.

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Prix littéraire Charlie Hebdo
Prix littéraire Charlie Hebdo — Charlie Hebdo

Mercredi 24 février, Charlie Hebdo lance son premier prix, le « Prix littéraire Charlie Hebdo », destiné aux 12-22 ans. Ils ont jusqu’au 20 avril pour poster en ligne sur le site dédié leur texte sur le thème « Et si on remplaçait le bac par… » « Nous n’avions jamais pris ce genre d’initiative jusqu’à aujourd’hui. C’est une première, et donc une expérience pour nous aussi », explique à 20 Minutes le rédacteur en chef Gérard Biard.

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« Il ne faut pas oublier que le fondateur de Charlie, Cavanna, était écrivain »

Ce prix est aussi né en réaction aux attentats à Charlie Hebdo. Un an après, la rédaction du journal voulait envoyer un message fort, tourner vers l’avenir. « Les jours, les semaines qui ont suivi le 7 janvier 2015, nous avons reçu des milliers de dessins d’enfants, mais aussi des lettres, des témoignages écrits, raconte Gérard Biard. Charlie est surtout connu pour ses dessins, mais il y a aussi du texte, beaucoup de texte. Il nous semblait important de le rappeler avec ce prix. Il ne faut pas oublier que le fondateur de Charlie Hebdo, Cavanna, était écrivain ».

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« Nous voulions instaurer un dialogue avec les jeunes de 12 à 22 ans, soit presque deux générations, continue-t-il. Tester ce qu’ils ont dans le ventre, dans la tête et dans la plume. Les jeunes ne savent plus écrire ? C’est ce qu’on va voir ! »

«Pas question de laisser le monopole des lettres françaises aux sinistres»

A l’initiative du projet, l’écrivain Iegor Gran veut « de la folie, de l’originalité, de l’irrévérence », car il est, selon lui, indispensable de « prouver que l’esprit de Rabelais et de Desproges est vivant et il n’est pas question de laisser le monopole des lettres françaises aux sinistres».

«Toutes les formes d’humour sont bienvenues : humour noir, absurde, grotesque, pince-sans-rire ou débile. On aime l’ironie mordante, la parodie loufoque, l’humour vache. On attend surtout des textes surprenants ! Et bien écrits, si possible », poursuit-il dans un communiqué.

Le 11 mai, un jury, composé exclusivement de collaborateurs, dessinateurs et journalistes de l’hebdo satirique, annoncera les 10 finalistes. Les lecteurs éliront ensuite les trois lauréats, qui seront dévoilés et publiés dans le Charlie Hebdo du mercredi 1er juin. Le prix comporte également une bourse de 1.000 euros.

Cette première édition du « Prix Charlie » en appelle bien sûr d’autres, et « bientôt, nous éclipserons le Goncourt », conclut avec humour Gérard Biard.