VIDEO. L'écrivain Umberto Eco, auteur du «Nom de la rose», est mort

DECES Il s'est éteint à l'âge de 84 ans, rapporte La Repubblica...

M.C. avec AFP

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Umberto Eco en 2013.
Umberto Eco en 2013. — Cristobal Manuel/NEWSCOM/SIPA

«Umberto Eco, un des intellectuels les plus célèbres d'Italie est mort», écrit sur son site le Corriere della Sera. «Le monde perd un des hommes les plus importants de sa culture contemporaine», estime pour sa part La Repubblica sur son site.

Le célèbre auteur italien, connu dans le monde entier notamment pour Le Nom de la rose et le Pendule de Foucault, est décédé vendredi vers 21h30 à son domicile à l'âge de 84 ans. L'écrivain et philosophe italien souffrait d'un cancer depuis longtemps.

Né à Alessandria, dans le nord de l'Italie, le 5 janvier 1932, Umberto Eco a étudié la philosophie à l'Université de Turin, consacrant sa thèse au «problème esthétique chez Thomas d'Aquin».

Umberto Eco sur France Inter en 2010:

La fiction, sur le tard

A l'approche de la cinquantaine, l'essayiste réussit un coup de maître avec son premier roman publié en 1980: Le Nom de la rose, qui a été traduit en 43 langues. se vend à plusieurs millions d'exemplaires. Consécration: il a été adapté au cinéma en 1986 par le réalisateur français Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle du frère Guillaume de Baskerville, l'ex-inquisiteur chargé d'enquêter sur la mort suspecte d'un moine dans une abbaye du nord de l'Italie.

Le making-of et la bande annonce du film:

Très érudit, Umberto Eco était aussi l'auteur de plusieurs dizaines d'essais sur des sujets aussi éclectiques que la sémiotique dont il était un grand spécialiste, l'esthétique médiévale, la linguistique ou la philosophie. Parmi ses écrits les plus connus figurent les romans Le Pendule de Foucault (1988), L'Ile du jour d'avant (1994) ou Baudolino (2000). Son dernier ouvrage, Numéro zéro, polar contemporain sur le monde de la presse, était paru en 2015. Il avait aussi écrit une Histoire de la beauté (2004) et une Histoire de la laideur (2007).

Polyglotte, marié à une Allemande, Eco a enseigné dans plusieurs universités, en particulier à Bologne (nord) où il a occupé la chaire de sémiotique jusqu'en octobre 2007, date à laquelle il a pris sa retraite. Eco a expliqué s'être mis sur le tard à la fiction car «il considérait l'écriture romanesque comme un jeu d'enfant qu'il ne prenait pas au sérieux».

«Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles»

Umberto Eco et d'autres grands noms de la littérature italienne avaient décidé en novembre dernier de quitter leur maison d'édition historique Bompiani, récemment rachetée par le groupe Mondadori (propriété de la famille Berlusconi), pour en rejoindre une nouvelle et indépendante baptisée «La nave di Teseo» (le bateau de Thésée, le mythique roi d'Athènes).

Homme de gauche, Eco n'avait rien de l'écrivain enfermé dans sa tour d'ivoire et ce joueur de clarinette écrivait régulièrement pour l'hebdomadaire L'Espresso. Mais son ouverture d'esprit ne l'empêchait pas de voir d'un oeil critique l'évolution de la société moderne. «Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d'imbéciles qui, avant, ne parlaient qu'au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité», a-t-il récemment déclaré, rappelle le quotidien Il Messaggero. «On les faisait taire tout de suite alors qu'aujourd'hui ils ont le même droit de parole qu'un prix Nobel. C'est l'invasion des imbéciles», avait-il remarqué.