L'Italie pleure son ténor

DECES DE PAVAROTTI Editions spéciales des quotidiens, chapelle ardente, réactions de la classe politique...

Bethsabée Salem (à Rome)

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Le ténor espagnol José Carreras a salué en Luciano Pavarotti, un des plus grands chanteurs d'opéra, un ami sûr, un fin cuisinier et un excellent joueur de poker.
Le ténor espagnol José Carreras a salué en Luciano Pavarotti, un des plus grands chanteurs d'opéra, un ami sûr, un fin cuisinier et un excellent joueur de poker. — Stephen Shaver AFP/Archives

Depuis le petit matin, l’Italie n’a que ce nom à la bouche. « Le plus grand chanteur d’opéra » a succombé à 5 heures du matin dans sa maison de Modène, une petite ville du Nord de la Péninsule qui était dans l’angoisse depuis plusieurs jours, suivant les aller retour du ténor entre l’hôpital et son domicile. Car malgré sa renommée le grand Luciano était resté très proche des citadins.

Le maire, qui était venu le voir à son chevet ses dernières semaines, a fait part de sa « grande douleur » et a immédiatement déclaré qu’une chapelle ardente serait installée dès jeudi soir. Un numéro a même été mis en place pour tenir informés les Modénais sur le déroulement des obsèques prévues samedi dans la plus stricte intimité.

L’émotion est grande dans le reste du pays. La nouvelle est tombée à 6h23, puis en quelques minutes elle a fait le tour du monde entier. Comme se plaisent à le souligner les agences italiennes, même la chaîne satellitaire du Qatar Al Jazira a ouvert son bulletin d’information avec cette nouvelle.

Un des principaux quotidiens, «Le Corriere Della Sera», insistait lui aussi sur la renommée de celui qui a su rendre populaire la musique lyrique, titrant « le monde pleure Luciano Pavarotti », tandis que La Stampa proposait notamment une vidéo sur ses succès planétaires.

Très vite, en Italie les réactions se sont succédé. Celle des artistes avec qui le grand Luciano s’était produit en trio : Placido Domingo et José Carreras. Domingo aura « toujours admiré sa voix divine », ajoutant un hommage à son « merveilleux sens de l’humour ». Quant au second, on sait seulement de son entourage qu’il est « bouleversé ».

L’artiste dont les modulations de la voix hypnotisaient les foules était aussi connu pour l’attachement à son pays, au bon vin et aux pâtes fraîches : une sorte de symbole de l’Italie dans le monde, comme le souligne le Corriere.

Et c’est le terme même d’ambassadeur de l’Italie qui a été repris par Silvio Berlusconi, l’ex-premier ministre parlant de la voix de Pavarotti comme de « la plus chaude de l’Italie dans le monde », tandis que Romano Prodi envoyait le même genre de compliments dans un télégramme à la veuve de Pavarotti, Nicoletta Mantovani.

Les réactions politiques de tous bords se sont enchaînées. Pour Francesco Rutelli, le ministre de la Culture, Luciano est « un mythe » : celui qui a occupé la scène mondiale depuis 40 ans restera « pour toujours dans l’histoire de la musique ». Enfin, même si Luciano Pavarotti était aussi un homme connu pour sa grande générosité, comme l’a rappelé le Président de la Chambre des députés, Fausto Bertinotti, c’est de sa voix dont on doit d’abord se souvenir.