«Je suis en situation illégale», déplore l'actrice «Much Loved» Loubna Abidar réfugiée en France

CINÉMA Victime de menaces et d’agressions au Maroc, l’actrice de « Much Loved » s’est installée à Paris en novembre et, depuis, son visa touristique a expiré…

F.R.

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Loubna Abidar, au Festival du film francophone d'Angoulême, en août 2015.
Loubna Abidar, au Festival du film francophone d'Angoulême, en août 2015. — YOHAN BONNET / AFP

En novembre, elle a fui le Maroc pour se réfugier en France, après une violente agression. Son tort ? Avoir joué dans Much Loved, un film racontant le quotidien de quatre prostituées à Marrakech, interdit de projection par les autorités marocaines.

« Les médias marocains considèrent que j’ai dégradé l’image de la femme et que je déteste mon pays », déplore Loubna Abidar cette semaine dans les colonnes de Télé Obs. L’actrice explique qu’elle souhaite poursuivre sa carrière dans l’Hexagone. « Je veux vivre ici, continuer à défendre la femme et l’enfant arabes, tourner des films engagés », avance celle qui s’apprête à « monter une association qui vient en aide aux prostituées ».

Mais Loubna Abidar confie que son visa touristique a expiré. « Aujourd’hui, je suis en situation illégale en France. Je n’ai pas de papiers. La procédure normale m’impose de me rendre au Maroc pour y faire une demande de visa long séjour. » Or, la comédienne redoute une telle perspective : « Si je retourne là-bas, je crains qu’on ne me laisse plus repartir. »

« Pour sortir, j’enfilais une burqa »

Celle qui a laissé sa fille de 6 ans au Maroc avec son mari - « Je ne peux pas la ramener »- raconte au supplément de L’Obs les vexations, insultes, menaces et agressions qu’elle a subies au quotidien depuis la présentation de Much Loved à Cannes, en mai. « Pour sortir, j’enfilais une burqua. Pour moi qui ai toujours lutté contre ce truc, c’était l’ironie suprême. (…) Le lendemain [d’une agression], une chanteuse marocaine a écrit sur son Facebook : "Dommage, j’aurais préféré qu’elle meure. Je rêve de la coincer dans une ruelle et de lâcher trois pitbulls qui la dévoreraient jusqu’aux os." »

L’hostilité à son égard ne semble pas près de s’éteindre au Maroc. Alors que la presse marocaine a écrit qu’elle avait été agressée à Lille, ville où elle n’est jamais allée, elle publie sur Facebook une vidéo la montrant en train de marcher dans Paris. « J’y dis que tout va bien, que je suis libre, heureuse, en sécurité. Réaction des médias marocains : "Elle frime, elle encense la France pour mieux cracher sur le Maroc" »

De ce côté-ci de la Méditerranée, Loubna Abidar trouve un peu de réconfort. Elle est en lice pour le César de la meilleure actrice qui sera remis le 26 février. L’héroïne de Much Loved pourrait enfin, comme le signifie le titre du film, être la « bien-aimée ».