«Salafistes»: Les réalisateurs au tribunal contre l'interdiction aux moins de 18 ans

CINÉMA Ce jeudi, le juge des référés du tribunal administratif de Paris annoncera s'il valide ou non l'interdiction du documentaire «Salafistes» aux mineurs...

20 Minutes avec AFP

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Extrait du documentaire «Salafistes».
Extrait du documentaire «Salafistes». — L. OULD M. SALEM / F. MARGOLIN

« Empêcher le film d’être vu par ceux à qui il est justement destiné, les lycéens, les collégiens, est une chose scandaleuse. » François Margolin, coréalisateur de Salafistes est remonté, ce mercredi. Sa société de production, Margo Cinéma, demande en référé la suspension de l’interdiction du film aux mineurs. Cette procédure d’urgence vise à remédier à la décision du ministère de la Culture que les auteurs du documentaire jugent « scandaleuse ». 

« Extrême violence » 

Une seconde procédure au fond réclame, elle, l’annulation pure et simple de cette décision prise le 27 janvier en raison de « l’extrême violence » de certaines scènes du film diffusées sans commentaires.

« C’est un film d’information, le travail que nous avons fait, au péril de notre vie, est un travail citoyen », a déclaré François Margolin qui était accompagné à l’audience ce mercredi par le coréalisateur de Salafistes, le journaliste mauritanien Lemine Ould Salem. Le tribunal doit rendre sa décision jeudi.

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« Une atteinte intolérable à la liberté d'expression »

« La violence qu’on a filmée, c’est la violence du monde », a ajouté le cinéaste qui s’est dit « scandalisé qu’on fasse de cette œuvre, un film de propagande ».

L’avocat des auteurs, Ivan Terel, conteste la légalité de la décision ministérielle, la qualifiant de « disproportionnée » et d'« illégitime ». « C’est une atteinte intolérable à la liberté d’expression et d’information », a-t-il plaidé.

Pour le défenseur du ministère de la Culture, Jacques Molinié, il y a en revanche « urgence à ne pas suspendre la décision d’interdiction car la diffusion de ce film constitue un risque pour les mineurs les plus fragiles. (…) Le film n’est accompagné d’aucun commentaire qui permettrait de replacer les propos tenus dans leur contexte. »