«Street Fighter V»: l'avènement du e-sport?

JEU VIDEO « Street Fighter », le plus célèbre des jeux de combat, fait son retour avec un cinquième épisode plus que jamais orienté vers le-sport…

Vincent Julé

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Street Fighter V
Street Fighter V — Capcom

La sortie d’un nouveau Street Fighter est toujours un événement. Contrairement à Assassins’s Creed ou Call of Duty, il n’en sort pas un tous les ans, et le dernier épisode, le quatrième, remonte déjà à 2008. Suivi tout de même de deux itérations, « Super » et « Ultra ». Ce Street Fighter IV signait le grand retour de la plus célèbre des franchises de jeu de combat, avec une refonte esthétique, une prise de main immédiate et une dimension e-sport. Le jeu avait en effet participé à démocratiser le sport électronique en général, et le « versus fighting » en particulier.

Le système de jeu a été entièrement revu

Disponible mardi partout le monde, Street Fighter V confirme ce virage e-sport, jusque dans sa campagne marketing qui joue la carte nostalgie auprès des joueurs de Street Fighter 2 sur consoles 16bits mais fait surtout la part belle aux compétitions professionnelles et ses stades en folie. « L’éditeur Capcom a tout fait pour simplifier le jeu, impliquer la communauté et faciliter le online, explique Guillaume Dorison, spécialiste du jeu de combat et organisateur du tournoi Red Bull Kumite. Premier Français et Européen à avoir remporté l’EVO, le plus grand tournoi de jeu de combat, Olivier Hay alias Luffy confirme : « Le système de jeu a été revu entièrement, il s’est simplifié, "casualisé". Même un débutant ou intermédiaire peut réussir un "combo", un enchaînement de coups. »

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Mais les joueurs de haut niveau ne sont pas oubliés. Le jeu compte 16 personnages, dont quatre nouveaux (Necalli, Rashid, Laura, F.A.N.G.) et certains anciens (Ken, Chun-Li) ont vu leur gameplay renouvelé. « Chaque personnage a sa propre individualité, et pas moins de 50 coups à son actif. Il faut donc tout apprendre, réapprendre, et explorer toutes les combinaisons en profondeur", ajoute Luffy. Pour Alioune, un autre joueur très "mathématique" dans son approche du jeu, Street Fighter V obéit à une philosophie plus équilibrée, plus juste : « Même si tu perds contre un personnage plus fort, tu comprends maintenant pourquoi tu perds. C’est moins frustrant, et ce n’était pas forcément le cas sur le 4. »

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Les joueurs PS4 peuvent affronter des joueurs PC

De quoi permettre aux amateurs et pros de se retrouver pour des combats en ligne sur PS4 et PC. Mais pas sur Xbox One ? Selon Capcom, ce choix d’évincer la console next gen de Microsoft s’explique par un souci d’égalité technique et une volonté de non-segmentation des communautés. Toujours est-il que Street Fighter V est ainsi cross-plateformes et les joueurs PS4 peuvent affronter des joueurs PC. « L’idée est d’avoir plus de joueurs, et donc plus de vues sur le streaming, plus de partenaires, etc. », éclaire Luffy. Le système online a donc lui aussi évolué. « Street Figter IV avait 10 ans de retard de ce côté, confie Alioune. Maintenant, la communauté peut se retrouver pour regarder les replays, suivre les meilleurs joueurs, échanger sur les techniques et suivre les mises à jour. » Car Street Fighter V ne connaîtra pas officiellement de suites, il sera mis à jour au fur et à mesure, gratuitement, à part pour les nouveaux personnages payants. Un modèle emprunté aux autres blockbusters du e-sport, comme League of Legends.

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Dernière déclaration d’amour de Capcom au e-sport : la sortie de Street Fighter V lance également le Capcom Pro Tour, un Grand Chelem du jeu de combat qui se déroulera tout au long de l’année à travers le monde, jusqu’à la grande finale à San Francisco. « Certains événements permettront de cumuler des points comme le Cannes Winter Clash du 26 au 28 février, tandis que d’autres enverront le gagnant direct en finale à l’instar du Stunfest du 20 au 22 mai à Rennes », détaille Guillaume Dorison. Avec à chaque fois ses joueurs professionnels, ses sponsors (Luffy vient ainsi de rejoindre la team Red Bull), ses retransmissions live, ses commentateurs enflammés et ses prix de plusieurs dizaines milliers d’euros. Street Fighter, un sport comme les autres.