Polémique sur Saint-Nazaire: Quand les «Parigots» blessent l'orgueil des autres villes de France

TELE Alors que, lundi, Eric et Ramzy se sont mis à dos les habitants de Saint-Nazaire, « 20 Minutes » revient sur les fâcheries entre les villes et les artistes ou journalistes aux phrases malheureuses…

Fabien Randanne

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Catherine Deneuve et Jamel Debbouze autour d'une carte de France.
Catherine Deneuve et Jamel Debbouze autour d'une carte de France. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP - GILE MICHEL/SIPA - LOIC VENANCE / AFP

Lundi, Eric et Ramzy ont fâché les habitants de Saint-Nazaire. « Je vous déconseille d’y aller. C’est horrible ! », a lancé le premier dans Le Petit Journal. L’orgueil des Nazairiens en a pris un coup, mais, qu’ils se rassurent, d’autres avant eux ont été égratignés par des artistes ou des journalistes, qui, comme le duo comique ont fini par faire leur mea culpa. Retour sur les phrases malheureuses de « Parigots, têtes de veaux » et leurs conséquences.

  • Février 2012 – La journaliste de France Inter et l’« horrible » Clermont-Ferrand

Le casus belli : « C’est horrible Clermont (…) C’est quand même une ville toute noire entourée de montagnes… » Laurence Peuron, la journaliste de France Inter s’est fait des ennemis en Auvergne en parlant de la capitale de la région comme un endroit où « il ne se passe rien ».

La réponse cinglante : La colère des Clermontois n’a pas réveillé les volcans de la chaîne des puys, mais s’est exprimée sur les réseaux sociaux. Laurence Peuron, elle, a reçu « une avalanche » de courriers, lui vantant les mérites de la pierre – noire – de Volvic ou comparant ses propos à « du Guéant ». Ce qui est moins sympa.

Le mea culpa : « Je connais même très bien Clermont et la région puisque j’ai commencé comme journaliste à Saint-Flour… J’y ai passé deux mois formidables… Le papa de mon fils est Clermontois », a confié Laurence Peuron à La Montagne. La journaliste a aussi présenté ses excuses à l’antenne quelques jours plus tard, sans oublier de vanter la scène rock clermontoise.

  • Décembre 2012 - Jamel Debouzze et les gens « moches » de Montbéliard

Le casus belli : « Ils sont moches, les gens à Montbéliard. Quand j’y ai été, je me suis dit le nuage de Fukushima, il s’est arrêté au centre-ville. Il s’est passé quoi là-bas ? » Dans son spectacle Jamel dit tout, Jamel Debouzze parle des habitants de la sous-préfecture du Doubs en des termes peu flatteurs. Le hic, c’est que le show qu’il joue sur la scène du Zénith de Paris est aussi diffusé en direct sur M6.

La réponse cinglante : « Qu’il tienne ces propos à Montbéliard, ça fait rigoler, mais que ça tombe comme un cheveu sur la soupe lors d’un spectacle à Paris retransmis devant des millions de spectateurs, là, c’est très désagréable pour Montbéliard », a déploré le maire de l’époque, Jacques Hélias, dans L’Est républicain.

Le mea culpa : Une semaine après sa vanne malheureuse, Jamel s’explique sur sa page Facebook : « Toutes mes excuses à Montbéliard, vous n’êtes pas moches, je change de nom de ville chaque soir. Joyeuses fêtes à tous. »

  • Février 2015 - « Plus belle la vie » et « la maltraitance » d’un hiver à Charleville

 

Le casus belli : « C’est tes élèves qui vont être contents. Les traîner à Charleville en plein hiver, c’est de la maltraitance. » Ce dialogue entre deux profs dans Plus belle la vie n’a pas ravi les habitants de Charleville-Mézières, lors de sa diffusion en février 2015.

La réponse cinglante : « C’est un peu gratuit et ce n’est pas la première fois. Il y a eu dans des épisodes antérieurs de Plus belle la vie, un juge, je crois qui était confronté à un choix de mutation et qui ne pouvait envisager d’aller à Charleville-Mézières », a répondu le maire Boris Ravignon, assurant que sa ville « mérite bien mieux que ça ». Les Carolomacériens les plus indignés y sont allés de leur #PlusBelleLaVilleCharleville sur Twitter.

Le mea culpa : L’Armistice est signé le 8 mai. Dans l’épisode n°2750 diffusé ce soir-là, Wendy évoque ses jeunes années passées à Charleville-Mézières : « Je me sentais heureuse quand j’habitais là-bas ! »

  • Avril 2015 – Béatrice Dalle et Douai « pas glamour »

 

Le casus belli : « J’ai un peu hâte de me barrer de Douai, je ne vous le cache pas. On se tape des villes pas glamour, quand même… Le bassin du FN, c’est trop agréable, je vous jure ! Le public le moins cool de toute la tournée, c’est ici. (…) Des fois, on se demande si on les emmerde. Je crois que je vais faire des bisous au train, tellement je serai contente d’y monter. » Béatrice Dalle n’était pas ravie de sa semaine dans la ville du Nord où elle jouait en avril Lucrèce Borgia et n’en a pas fait mystère à Nice-Matin.

La réponse cinglante : L’humour est souvent la meilleure réponse. La Ville a donc préféré tweeter qu’« à Douai, on ne se vexe pas pour que dalle ».

Le mea culpa : Le metteur en scène de Lucrèce Borgia a fait le job. David Bobée s’est dit « atterré » par les propos de la comédienne et assuré qu’elle était « navrée », que « toute l’interview a été menée sur du second degré ».

  • Mai 2015 – Catherine Deneuve et la « tristesse » de Dunkerque

 

Le casus belli : « Je ne peux pas me vanter d’avoir écumé les boîtes de nuit. Ça m’a semblé d’une tristesse, cette ville ! C’est un port, certes, mais ce qui marche vraiment, ce sont les cigarettes et l’alcool. » Dans un entretien accordé à elle en mai, Catherine Deneuve ne fait pas vraiment la promotion touristique de Dunkerque où elle a tourné La Tête haute.

La réponse cinglante : Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque est monté au créneau. « Madame Deneuve a-t-elle seulement posé ses yeux sur notre longue et belle plage de sable fin ? A-t-elle pris la peine de découvrir notre ancien port historique, en Citadelle ? D’admirer notre trois-mâts le Duchesse-Anne ? Ou encore apprécier de nuit, le panorama offert par notre port ? », s’est-il demandé avant d’inviter Catherine Deneuve à présenter la Tête haute au Festival de Cannes en montant les marches « la tête basse ».

Le mea culpa : Ou pas. « J’ai le droit de penser des choses sur Dunkerque, j’ai trouvé que ça avait quand même un certain charme très mélancolique (…) mais je trouve anormal qu’une phrase éventuellement négative sur Dunkerque prenne cette importance », a déploré la reine Catherine en conférence de presse sur la Croisette.