Bande dessinée: Quatre auteures refusent le titre de Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres

SOCIETE TanXXX, Julie Maroh, Aurélie Neyret et Chloé Cruchaude dénoncent «une stratégie de communication» à l'heure de la polémique entourant le sexisme dans le milieu de la BD...

20 Minutes avec agence

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Détail d'une création de Julie Maroh utilisée par le
Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme.
Détail d'une création de Julie Maroh utilisée par le Collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme. — Julie Maroh

Dans le cadre d’une promotion exceptionnelle, le ministère de la Culture avait annoncé, jeudi dernier, vouloir élever au rang de Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres « huit créateurs et créatrice de bande dessinée ».

Parmi eux, cinq femmes, dont quatre ont d’ores et déjà fait savoir clairement qu’elles refusaient la distinction, y voyant une « tentative de récupération politique ».

La distinction dérisoire face à la réalité de la vie quotidienne des auteures

L’initiative de Fleur Pellerin est, en effet, intervenue en plein Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, édition 2016 marquée avant même son ouverture par une polémique suite à l’absence initiale de femmes parmi les 30 présélectionnés pour le Grand Prix.

Une situation qui a poussé TanXXX, Julie Maroh, Aurélie Neyret et Chloé Cruchaudet à refuser la distinction du ministère, jugée proche « d’une stratégie de communication » et dérisoire face à la réalité de la vie quotidienne des auteures.

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« Blague fumeuse » ou « singerie d’Etat »

En pleines discussions sur la réforme de la retraite des auteurs et polémique sur le sexisme dans le milieu de la BD, Julie Maroh, citée par ActuaLitté.com, a ainsi déclaré : « Je ne peux pas croire que ce soit la réponse de notre ministère à nos appels de détresse… Je vais donc continuer à me dire que cette promotion est une blague fumeuse (…) ».

Sur son site, TanXXX s’est montrée très directe : « Mon engagement est celui des prolos. Et ma culture est aussi celle des prolos, loin des salons feutrés, des cocktails à la con et des titres honorifiques, de l’état et de ses singeries. »

 

Depuis sa page Facebook, Aurélie Neyret s’est, elle, demandé : « Alors cette médaille récompense quoi au juste ? Je ne suis pas dupe, je sais que ce n’est pas de mon travail dont il est question ici, mais simplement de récupération politique ». Quant à Chloé Cruchaudet, dernière à décliner la récompense, elle estime que « tout le monde s’est bien foutu de (s) a gueule ».

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