Angoulême: Une édition 2016 en clair-obscur

BD Le 43e Festival International de la bande dessinée d’Angoulême s’est achevé par une blague douteuse et dans une ambiance tiède…

Olivier Mimran
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L'affiche du festival d'Angoulême 2016
L'affiche du festival d'Angoulême 2016 — K.OTOMO/9E ART+

Que retiendra-t-on vraiment du festival de la BD 2016 ? L’éclat de la présence d’Otomo, Grand Prix 2015, l’audace de son palmarès, l’indéniable « tabac » de ses expositions ou la blague douteuse de l'annonce d'un faux palmarès entre autres polémiques et interrogations qui l’ont agité ? Un peu des deux, certainement… comme chaque année ! Car s’il est une constante propre à la plus célèbre manifestation mondiale dédiée au 9e Art, c’est que s’y expriment librement -et toujours avec passion- l’ensemble de ses acteurs. Dommage qu’on n’en retienne que la cacophonie qui en résulte.

De la lumière….

Il est des Grand Prix qui marquent davantage le festival d’Angoulême que d’autres. La présence du japonais Katsuhiro Otomo, créateur d’Akira et président de cette 43e édition, aura été l’une des grandes satisfactions du festival. Car outre le rayonnement mondial qu’elle confère à la manifestation, la simplicité et la disponibilité d’un des derniers grands mangakas vivants aura littéralement ensoleillé une édition qui s’est déroulée sous une météo chagrine.

 

Katsuhiro Otomo est bien arrivé à Angoulême. La preuve en image ! @actudufauve #FIBD #Otomo pic.twitter.com/GWDUaFBEnf
— CoyoteMag (@CoyoteMag) January 27, 2016

 

 

#Otomo au micro ! "c'est un très grand honneur d'être ici aujourd'hui." #fibd2016 pic.twitter.com/uh5lJWmOgq
— Le Fauve d'Angoulême (@actudufauve) January 27, 2016

 

L’un des credo du festival est d’embrasser toutes les bandes dessinées. Une mission brillamment accomplie par la variété et la richesse des expositions proposées cette année : des planches originales -et jamais montrées jusqu’alors- de Lucky Luke (qui fête ses 70 ans en 2016) aux installations multimédias de Lastman : Universe, des aquarelles d’Hugo Pratt aux détournements d’Interduck, le 9e art, aussi global que le monde qu’il dépeint, a autant exhibé ses aspects traditionnels qu’avant-gardistes. Pour le plus grand bonheur des visiteurs.

 

Hausse de la fréquentation au #FIBD2016 et gros succès pour l'expo Lucky Luke #Morris #angouleme2016 pic.twitter.com/JLPoTMaI72
— Nathalie Tissot (@Nathalie_Tissot) January 30, 2016

 

 

 

Et devant le musée d'Angoulême pour l'expo l'art de Morris il y a un Lucky Luke c'est trop cool pic.twitter.com/YTegHLU5WH
— Maxence K. Jeej (@JekyllCompagny) January 29, 2016

 

 

 

Angoulême 2016 : l'expo Lastman Universe https://t.co/W7rPO59GuU pic.twitter.com/aw4iRUwZPW
— BoDoï (@BoDoiMag) January 29, 2016

 



 

Hugo Pratt exhibition at Angouleme. Very inspiring. pic.twitter.com/XuZ9jA1pLG
— Jeff Lemire (@JeffLemire) January 30, 2016
Durant le #FIBD le Musée d’Angoulême accueille les oeuvres du collectif #InterDuck https://t.co/18Xa3s3kRt pic.twitter.com/iwYNMFEGs4
— Le Fauve d'Angoulême (@actudufauve) January 4, 2016

Quand au palmarès, qui a généralement consacré l’audace formelle (Le fauve d’or « Ici », de l’américain Richard McGuire, est très éloigné de la BD populaire), il n’aura jamais suscité aussi peu de commentaires…

>> A relire: Le palmarès du Festival d'Angoulême

Peut-être parce que ses éventuels détracteurs étaient, comme tout le monde, abasourdis par le pathétique canular des organisateurs de la cérémonie de remise des Fauves…

… à l’ombre

Quelle idée stupide de décerner de « Faux-Fauves » avant la remise des vrais ! Cette blagounette potache n’a pas fait rire grand monde et a presque occulté le vrai palmarès (dont on retiendra juste qu’il couronne, une fois encore, peu d’albums « grand public »).

 

Pénible cérémonie de remise des prix à Angoulême, une fois encore. Pourquoi associer la méchanceté et vulgarité à la bande dessinée? #FIBD
— Benoît Peeters (@BenoitPeeters) January 31, 2016

 

 

Richard Gaitet, maître de la cérémonie de clôture du #FIBD2016, fait son mea culpa sur @lemondefr : https://t.co/iCIpW8WNjq #FauxFauves
— Amandine Schmitt (@amandecherie) January 31, 2016

 

Même si elle a eu lieu avant l’ouverture du festival, la polémique de la non-représentation des femmes à l’élection du Grand prix (même si les organisateurs du festival ont essayé de « rattraper le coup » en repensant le systéme électoral) en aura un peu plombé l’ambiance. En tout cas, elle aura eu le mérite de surligner un vrai problème de fond sur lequel le monde de la BD ferait bien de s’interroger.

Festival d’Angoulême : une bande de femmes en colère https ://t.co/F4VJMwgJR2
— ☯ ComixToon France ☯ (@ComixToonFr) January 28, 2016

 

Peu médiatisés car pas super-glamours, les États Généraux de la BD, qui se sont tenus pendant le festival, dressent un tableau alarmant de la condition d’auteur de bande dessinée : En 2014, par exemple, 53 % des bédéastes avaient un revenu inférieur au SMIC annuel brut, et 36 % d’entre eux vivaient en dessous du seuil de pauvreté (67 % et 50 % pour les femmes)

"Pensez-vous que vous pourrez faire carrière toute votre vie dans la bande dessinée ?"#EGBD #EtatsGénérauxDeLaBD pic.twitter.com/lBB69ZanTW
— Remi (@Remi_komikku) January 29, 2016

 

Cette 43e édition aura donc été, comme les précédentes, celle des contrastes. Enfin, des contrastes de chapelle, car le grand public, lui, s’est déplacé en masse à la rencontre d’auteurs qui le font rêver tout au long de l’année. Et finalement, n’est-ce pas là l’essentiel ?