Musique illimitée: Neuf est-il trop rapide?

TELECHARGEMENT L'annonce du service de l'opérateur a précédé le nécessaire accord avec la Sacem...

David Carzon

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Espace de relaxation gonflable conçu par l'artiste britannique Alain Parkinson et mis en place pour le festival de musique de Sziget, Hongrie, le 13 août 2007.
Espace de relaxation gonflable conçu par l'artiste britannique Alain Parkinson et mis en place pour le festival de musique de Sziget, Hongrie, le 13 août 2007. — L. BALOGH / REUTERS

On annonce, on lance et après on régularise. La semaine dernière, Neuf Cegetel a provoqué un petit séisme en annonçant le lancement d’offres permettant le téléchargement légal et illimité de musique. Une offre cantonnée toutefois à tout ou partie du catalogue numérique d’Universal, selon que l’on choisit l’abonnement de base à 29,90 euros ou sa version supérieure qui, pour 4,99 euros de plus, donnera accès à la totalité des morceaux de la «major» du disque.

Sauf que jeudi, plus d’une semaine après l’annonce, la Sacem, l’organisme français qui gère les droits d’auteur, a confirmé à 20 Minutes qu’aucun accord n’avait encore été signé avec Neuf Cegetel ou d’autres opérateurs  — comme Orange — qui ont également fait des annonces commerciales dans ce sens. Il faut savoir qu’en France, il faut d’une part trouver des accords avec les producteurs, par le biais des maisons de disques directement et de leur syndicat professionnel, mais aussi avec les auteurs-interprètes représentés par la Sacem.

Pour le coup, Neuf renvoie la balle sur Universal, pour négocier avec la Sacem, assurant qu’il ne fait qu’apposer sa marque à un nouveau service. «Pour nous, il n’y a pas d’accord particulier à signer, juste une chaîne de rémunération que nous allons respecter comme à chaque fois», explique-t-on chez Neuf.

Pas si simple pour des sources proches du dossier qui estiment qu’il y a besoin d’un accord et que Neuf devra discuter en son nom avec la Sacem. Il ne fait aucun doute qu’un deal sera trouvé, ce n’est qu’une question de temps tant il est logique que ce genre d’offres trouvent sa place sur le marché français.

Le plus étonnant dans cette affaire, c’est qu’au moment où Deezer, ex BlogMusik.net, annonçait avoir passé un accord temporaire avec la Sacem pour diffuser de la musique légalement, Universal montait au créneau pour expliquer qu’« aucun accord d'utilisation du catalogue n'avait été signé » avec elle et qu’en conséquence, « le répertoire Universal Music présent sur le site était exploité de façon illégale ».

A l’inverse, que Neuf Cegetel et les autres n’aient pas encore signé d’accord avec la Sacem semble émouvoir beaucoup moins de monde. «Ça fait un peu deux poids, deux mesures», estiment certaines sources. En fin de compte, ce sont deux nouveaux modèles économiques qui s’affrontent. Et tout le monde sait que celui qui s’impose le premier a toutes les chances de rafler la mise.