Le peloton de tête de la rentrée

Karine Papillaud

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Olivier Adam, Mazarine Pingeot, Philippe Claudel, Eric Reinhardt, Marie Darrieussecq, Yasmina Reza ou Benoît Duteurtre, et bientôt le nouveau Patrick Modiano : à peine commencée, la rentrée des romans français semble déjà finie. Dix jours après la parution des premiers livres, la critique a bouclé son tour d'horizon. Les valeurs sont sûres, les auteurs souvent attendus : la rentrée 2007 est un cru bourgeois.

Dans la rubrique Livres des journaux, la course s'est engagée avant l'été. Derrière cette frénésie de chercheur d'or qui agite les journalistes littéraires, se cachent déjà les enjeux des prix de novembre. Qui trouvera le premier la perle de la rentrée, le nouveau Goncourt, le livre qui marquera l'automne... Depuis le mois de mai, les journalistes déjeunent avec les attachées de presse des éditeurs. Si elles convainquent le journaliste, il ouvrira ce livre plutôt qu'un autre. « Elles sont une source importante, mais les libraires jouent aussi un rôle primordial, explique un journaliste du Figaro Littéraire. Il y a aussi les livres qu'on attend : on a découvert un auteur lors d'une rentrée précédente ou suivi le parcours d'un écrivain depuis plusieurs années. » C'est le cas d'Olivier Adam, avec A l'abri de rien (Ed. L'Olivier), un roman ambitieux qui se déroule à Sangatte parmi les réfugiés. C'est le cas aussi du quatrième livre d'Eric Reinhardt, Cendrillon (Stock), salué par la critique comme un petit événement littéraire bien avant sa mise en vente le 22 août. « C'est la preuve que la critique, même malmenée, fait son boulot, observe son éditeur Jean-Marc Roberts. Le livre a été lu assez tôt, mais rien n'était gagné : l'auteur n'a pas la notoriété des stars de la rentrée. » Adoré ou détesté, le roman de Reinhardt intéresse l'ensemble de la critique. Coup éditorial ? « Je ne crois pas aux coups, la littérature ne le permet pas, contrairement aux documents. Je publie Reinhardt depuis cinq ans, ce n'est pas un coup... En fait, le jour où le succès vous tombe dessus, c'est la fin des coups qu'on a reçus ! »