Angoulême dans la peau d'un auteur de BD : Troisième étape, le matériel à privilégier

BD Lewis Trondheim coache, par dessins interposés, le journaliste de « 20 Minutes » engagé dans les « 24 heures de la BD », en préambule de la 43e édition du festival d’Angoulême…

Olivier Mimran

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Le fauve, mascotte du 43e festival international de la BD d'Angoulême
Le fauve, mascotte du 43e festival international de la BD d'Angoulême — L. TRONDHEIM & 9eART+

J-5 avant le démarrage des 24 heures de la BD ! Même si le petit exercice que vous avez sous les yeux me permet, peu à peu, de « retrouver » mon dessin, je ne nage pas dans la sérénité. Je sens que j’ai mis la barre un peu trop haut, et qu’il va me falloir la jouer modeste.

>> À relire : Je relève le défi des 24 heures de la BD

Enfin pour l’instant, je potasse les conseils déjà reçus… Mais continue à me poser mille questions, toutes plus stressantes les unes que les autres. J’ai déjà compris que je devais 1) bien dormir la veille de l’épreuve pour tenir le choc durant les 24 heures et 2) plutôt que de préparer un story-board, privilégier l’improvisation pour gagner un temps précieux. Bien…

>> À relire : Première étape, la préparation physique
>> À relire : Deuxième étape, l’organisation du temps

Reste une problématique épineuse : celle du matériel à utiliser. Parce que depuis l’avènement du numérique, le traditionnel trio crayon/papier/encre est entré en concurrence avec la tablette graphique…

En la matière, que préconise Lewis Trondheim, mon « coach BD » (qui a participé à toutes les éditions des 24 heures de la BD et en a lancé la déclinaison française) ?

Hahaha ! Autant dire que « chacun voit midi à sa porte ». Je possède bien une tablette (plutôt bas de gamme) que je n’ai, pour l’instant, utilisée que pour mettre mes derniers dessins en couleur. Et pour un novice, c’est déjà plutôt galère, croyez-moi ! Du coup, je pense m’en remettre à la bonne vieille technique de l’encre sur papier. D’autant plus que l’idée de pouvoir embrasser toutes ses planches d’un coup d’œil, comme le montre Lewis, rend forcément son travail plus cohérent - et harmonieux ? Allez, c’est vendu. Merci, coach Lewis !

Le témoignage d’ex-candidats

Diplômé des Beaux-arts d’Angoulême, Christophe collabore à plusieurs revues (Spirou, le journal de Mickey, J’aime lire, etc.). Locataire de l’atelier parisien L’Atel’Yeah, il a participé, dans la catégorie 'pros', aux neuf éditions des 24 Heures de la BD. Pour lui, la question du matériel est presque secondaire car « l’essentiel est de s’amuser. Quelle que soit la technique utilisée, le pari est le même pour tous », rappelle-t-il, « à savoir rendre 24 pages. Après, à chacun(e) de trouver la façon la plus rapide et élégante d’arriver à ce résultat ».

La belge Cindy Bertet (alias Didizuka), formée à l’EESI de Poitiers et qui a particpé à 5 éditions des 24 heures de la BD, va dans le même sens : « J’ai testé le papier et le numérique. Ça dépend vraiment de mes envies : parfois je me sens plus rapide à la main, parfois avec l’ordi. Le plus souvent à la main (je redoute le plantage). Je crois que c’est différent selon les personnes. Il faut choisir ce avec quoi on est à l’aise, tout simplement. »

Le site de Christophe Bataillon : http://bataillon.ultra-book.com
Le site de Didizuka : didizuka.free.fr