Le terrarium, du vert en boîte pour les jardiniers urbains

déco Cette innovation, devenue une véritable tendance, permet aux citadins de composer leur coin de verdure...

Aurélie Selvi

— 

Ouvert fin 2014 à Paris, l’atelier Green Factory de Noam Levy est passé maître dans l’art du terrarium pour urbains pressés.
Ouvert fin 2014 à Paris, l’atelier Green Factory de Noam Levy est passé maître dans l’art du terrarium pour urbains pressés. — Atelier Green Factory

Tremble, ô ficus en pot rabougri, trônant près du canapé. La relève est là, dans un bocal. On l’appelle terrarium. Kesako ? « Un milieu confiné imitant le biotope de certaines espèces animales ou végétales », dixit le dico. Oublions d’entrée serpents, iguanes et arachnéens, car la tendance est au végétal, dans tous ses éclats, et basta. Depuis plus d’un an, jardins sous cloche ou en bocaux sont les stars des fleuristes branchés. A Paris, l’un des chefs de file de ce mouvement est Noam Levy, fondateur fin 2014 de l’atelier Green factory qui propose une collection touffue de compositions du genre.

 

La cible ? « Les urbains pressés, détaille ce dernier. Dès que j’ai ouvert, j’ai tout de suite senti l’engouement. De plus en plus de citadins ressentent le besoin d’être entourés de nature. Mais cela ne veut pas dire qu’ils ont la main verte ou le temps pour entretenir leurs plantes », ajoute le spécialiste qui a développé pour eux le Treeki, une petite composition autosuffisante. Nichée dans un bocal en verre blanc qui permet la photosynthèse et l’oxygénation, la plante peut ainsi y vivoter avec un arrosage quasi nul en misant juste sur la capacité du contenant à récupérer l’eau qu’elle génère en respirant. Pour palier un manque d’exposition au soleil, le Treeki est même doté d’une lampe intégrée.

Minis arbres et espèces variées

Dans son atelier, Noam Levy confectionne des terrariums allant de 20 à 70 cm pour des budgets fleurissant entre 35 € et… 400 €. Pour en créer un réussi, quelques fondamentaux s’imposent, selon lui. « Le sol doit être recouvert de mousse, pour servir l’apparence de la composition et faire un effet gazon mais aussi pour son utilité car elle est un bon indicateur du taux d’humidité : tant qu’elle est verte, pas besoin d’arroser. » Quant aux plantes, lui mise sur des variétés à forme d’arbre miniature, « pour donner une idée de l’échelle et recomposer un petit paysage », mais aussi des ficus (les revoilà) de variétés différentes ou encore des espèces du Pacifique Sud friandes d’humidité, comme les polyscias.

Atelier Green Factory

 

Fleuriste-créatrice sur la Côte d’Azur, Julie Guittard, elle, opte plutôt pour des plantes « simples ». « Le terrarium n’est pas forcément facile d’entretien. Pour ceux qui ne veulent pas s’embêter, je conseille des cactées, des plantes grasses plus costauds qui n’ont pas besoin qu’on s’occupe d’elles », nuance-t-elle. « Pour les passionnés qui aiment observer le côté écosystème d’une plante sous cloche, en suivant sa croissance, la buée qu’elle crée sur le verre, on peut partir sur des espèces tropicales comme de petits caféiers ou des installations de fougères et des variétés d’orchidées », précise-t-elle.

A personnaliser

Sur le Web aussi, jardiniers en herbe et modeuses se sont emparées de la tendance terrarium, à l’instar de Stéphanie Zwicky qui, entre deux billets sur le pull Jacquard et une session shopping au Bon marché, explique aussi à ses fans comment faire un terrarium home made, sur son blog Big beauty. Ses trucs en plus : chiner de beaux bocaux en broc’ ou ajouter des mini personnages déco. « J’attendais ce tuto depuis un moment et il tombe à pic puisque j’ai trouvé des bocaux dans la cave de ma grand-mère », se réjouit Fanny, perdue dans la forêt de commentaires.

 

Du côté de Nantes, Guillaume Verdegay lui aussi diffuse ses astuces sur son site, Le coin jardin. Lui est jardinier décorateur de métier et spécialiste du jardinage urbain. Avant de poster ses tutoriels, ils testent pendant plusieurs mois la viabilité de ses compositions. Depuis deux ans, c’est le fonctionnement des terrariums qu’il décortique. « Pour moi, il y en a deux grands types : les secs, à base de plantes grasses qui durent moins longtemps parce qu’ils ont besoin d’une circulation d’air importante et de beaucoup de lumière. Et les écosystèmes plus tropicaux, qui aiment l’ombre et l’humidité, plus résistants. Mais le terrarium est surtout à envisager comme un petit jardin d’intérieur pas figé, dont on peut renouveler les plantes », détaille celui qui organise depuis septembre dans sa région deux ateliers terrarium par mois et a déjà initié une trentaine de citadins novices.

« Le jardinage d’intérieur est amené à se développer parce que de plus en plus de monde vit en ville. Les effets de mode, comme les terrariums, sont intéressants parce qu’ils permettent d’expérimenter de nouvelles techniques », juge le pro, qui conseille aussi aux urbains en mal de balcon de se lancer dans un potager d’intérieur, dès le printemps. « Dans un bac-récup’ en emballage ou une jardinière bien exposée, on peut planter des graines germées de jeunes pousses comme de la roquette, des radis, dans 7 à 8 cm, de terreau en les semant très serrées et en les tassant légèrement. Ça fonctionne ! » Et même plus besoin de se salir les pieds quand on va récolter…