Image extraite du film "Jarhead"
Image extraite du film "Jarhead" — no credit

Culture

Hollywood, entre kaki et vert

CINEMA – Films de guerre ou films «vert», les studios américains préparent une rentrée engagée…

Hollywood se rachète une conscience. Pour la rentrée, les studios américains oscillent entre prise de position contre la guerre en Irak et prise de conscience écolo.

La gueule de bois de la guerre en Irak

Cet automne, un nombre sans précédent de films relatant l'impopularité grandissante des conflits impliquant l'armée américaine au Moyen-Orient trustera les salles obscures. A commencer par «In the valley of Elah», qui sort en septembre, l'histoire du meurtre d'un Américain revenu d'Irak signée Paul Haggis (deux Oscars en 2006 pour «Collision»).



Après avoir glorifié la bravoure américaine à travers les films «World Trade Center» et «Vol 93», sortis l’année dernière, Hollywood conteste aujourd’hui une guerre qu’il a pourtant soutenu dans les mois suivants les attentats. Une tendance amorcée avec le film «Jarhead», en novembre 2005.



Le film de Jonh Cusack, «Grace is gone», très bien reçu au dernier festival de Sundance, suivra. Il raconte l'histoire d'un Américain dont la femme soldate est tuée en Irak. «Je pense que les gens seront intéressés de voir l'histoire du prix humain de cette guerre», a dit Cusack, qui a tourné ce film en réaction à la censure par le Pentagone de photos montrant des cercueils de soldats arrivant d'Irak.

Dans le sillon de Sean Penn ou George Clooney, les grands noms du cinéma américain dénoncent aujourd’hui la «guerre contre le terrorisme» tous azimuts de George Bush. Tom Cruise et Meryl Streep seront ainsi à l’affiche de «Lions for lambs», de et avec Robert Redford. Une autre star, l'actrice «oscarisée» Reese Whiterspoon, va jouer dans «Rendition» la femme d'un chimiste d'origine égyptienne, enlevé et détenu au secret par la CIA.



Cette série, à laquelle il faut encore ajouter «The Kingdom» avec Jamie Foxx (déjà à l’affiche de «Jarhead») et «Redacted» de Brian de Palma, se poursuivra en 2008 avec «Stop loss», l'histoire d'un ancien combattant qui refuse de retourner en Irak, et «The hurt locker», qui mettra en scène une unité de démineurs de l'armée américaine à Bagdad, tourné en Jordanie et au Koweït.

Dans la lignée d’Al Gore


Autre valeur sûre du moment : la fibre écolo. Depuis le succès inattendu du documentaire d’Al Gore, «Une vérité qui dérange», le tout-Hollywood se targue d’être à l’écoute de la planète. Et le chef de file de cette nouvelle tendance n’est autre que Leonardo Di Caprio, producteur du documentaire «The 11th Hour» («Le dernier virage»).



Hollywood va même plus loin : chaque studio dispose désormais d’une charte bio maison vérifiant que les tournages des films se soldent par un bilan carbone neutre. Ainsi, 2.025 arbres auraient été plantés en Virginie pour contrebalancer le tournage du film «Evan tout puissant».

Et la télévision n’est pas en reste. La chaîne Fox passera la série «24 Heures» à la moulinette écolo : exit les 4 x 4 noirs, à moins de rouler aux biocarburants. La question du réchauffement climatique devrait même être abordée dans la septième saison. Avec une logique gagnant-gagnant pour les studios et les acteurs : produire des films au succès garanti… et s’assurer une image d’artiste engagé.